Sénégal : une cinquantaine d’accords avec la Côte d’Ivoire, et un dispositif de suivi qui reste à créer
Les deux gouvernements veulent hiérarchiser les propositions sectorielles et établir un plan d'action précisant les responsabilités, les échéances et les résultats attendus. La mise en place d'un dispositif conjoint de suivi, en complément de la Commission mixte, figure parmi les pistes évoquées. L'objectif annoncé est d'éviter que les initiatives ne restent en suspens entre deux rencontres officielles.
Le Premier ministre Ahmadou Alhaminou Lô était en visite de travail à Abidjan le lundi 19 octobre. Le Sénégal et la Côte d’Ivoire disposent d’une cinquantaine d’accords et de mécanismes de coopération, et c’est leur application, non leur nombre, qui a occupé les discussions.
Les deux gouvernements veulent hiérarchiser les propositions sectorielles et établir un plan d’action précisant les responsabilités, les échéances et les résultats attendus. La mise en place d’un dispositif conjoint de suivi, en complément de la Commission mixte, figure parmi les pistes évoquées. L’objectif annoncé est d’éviter que les initiatives ne restent en suspens entre deux rencontres officielles. La formulation vaut constat sur l’état actuel du mécanisme.
Les deux pays appartiennent à l’Union économique et monétaire ouest-africaine. Le volume cumulé de leurs échanges commerciaux a été estimé, lors des discussions, à environ 250 milliards de francs CFA, un chiffre que la source officielle elle-même présente comme restant à confirmer. La redynamisation de la Chambre de commerce sénégalo-ivoirienne est envisagée pour structurer le rapprochement des opérateurs économiques.
L’agriculture occupe la première place dans les domaines identifiés. Recherche agricole, transformation des productions et organisation des chaînes de valeur, avec la filière de l’anacarde comme illustration des complémentarités possibles, l’expérience ivoirienne de structuration et de transformation industrielle pouvant servir de référence. Les volumes de production avancés au cours des échanges sont également donnés comme à vérifier. Le Fonds interprofessionnel pour la recherche et le conseil agricoles de Côte d’Ivoire a été cité comme modèle de financement de la recherche.
L’élevage suit, avec l’insémination artificielle et la recherche animale, et un point que les deux délégations ont abordé concrètement : les besoins du Sénégal en moutons à l’approche de la Tabaski, qui pourraient faire l’objet de solutions concertées.
Un rappel historique a été versé au débat, et il éclaire la portée de l’exercice. La Côte d’Ivoire a participé au capital des Industries chimiques du Sénégal dans les années 1970. Les deux pays envisagent aujourd’hui des coopérations sur les engrais, les intrants agricoles, le gaz et des projets industriels communs. Un demi-siècle sépare donc la première expérience de partenariat industriel entre Dakar et Abidjan des intentions reformulées cette semaine.
Deux rendez-vous ont été fixés. Une foire au Sénégal, dont le nom et les dates restent à confirmer, accueillerait la Côte d’Ivoire comme invitée d’honneur, et une invitation a été adressée au Premier ministre ivoirien pour une visite officielle à Dakar au début de 2027. C’est à cette échéance que pourra s’apprécier ce que le plan d’action aura produit.
Alioune Ndiaye



