Sahel : le Burkina, le Mali et le Niger signent un accord pour harmoniser les programmes de leurs universités

Les ministres chargés de l'Enseignement supérieur du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont signé le mardi 13 octobre à Ouagadougou un accord de coopération visant à harmoniser et endogénéiser les curricula de formation de leurs institutions d'enseignement supérieur et de recherche. Adjima Thiombiano, Bourèma Kansaye et Mamadou Saïdou l'ont paraphé en marge de la deuxième conférence des responsables de ces institutions.

Les ministres chargés de l’Enseignement supérieur du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont signé le mardi 13 octobre à Ouagadougou un accord de coopération visant à harmoniser et endogénéiser les curricula de formation de leurs institutions d’enseignement supérieur et de recherche. Adjima Thiombiano, Bourèma Kansaye et Mamadou Saïdou l’ont paraphé en marge de la deuxième conférence des responsables de ces institutions.

La rencontre, ouverte par le Premier ministre burkinabè Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, se tenait sous le thème de l’harmonisation et de l’endogénéisation des systèmes d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation. Elle faisait suite à la première conférence, organisée les 12 et 13 juin 2025 au Mali, et portait sur la mise en œuvre de ses recommandations. Le collège des experts, présidé par le professeur Antoine Béré, président de l’Université Joseph Ki-Zerbo, avait préparé six documents en amont, dont un état des lieux des régimes d’études dans l’espace confédéral. La clôture a été marquée par la lecture du communiqué final et l’adoption du rapport des experts.

Le Togo participait aux travaux, et le vocabulaire employé pour le dire mérite l’attention. Adjima Thiombiano a parlé de cet espace AES « auquel est annexé désormais le Togo ». Lomé n’est pas membre de la Confédération des États du Sahel, et c’est la première fois qu’un ministre de l’Alliance décrit sa participation en ces termes. Le Togo reste par ailleurs membre de la CEDEAO.

Sur le fond, le ministre burkinabè a livré le constat le plus concret de la journée, à propos du système Licence-Master-Doctorat. Il a expliqué avoir contextualisé le régime des études pour corriger ses insuffisances, en reconnaissant que, dans les retards académiques et les chevauchements d’années, « son application avait aussi sa part de responsabilité ». La relecture visait selon lui à mieux encadrer le parcours des étudiants, à permettre une mobilité réelle entre établissements et à régler la question des diplômes d’ingénieurs des travaux et d’ingénieurs de conception.

L’endogénéisation, deuxième axe du panel, a été définie de façon convergente par les trois ministres. Thiombiano l’a illustrée par la pharmacopée, à laquelle une partie des populations recourt pour leurs soins quotidiens, et s’est demandé s’il était normal que les savoirs endogènes ne figurent pas davantage dans les dispositifs d’apprentissage. Le Nigérien Mamadou Saïdou a jugé l’harmonisation du régime des études faisable dans l’espace AES, les éléments existant déjà pour capitaliser. Le Malien Bourèma Kansaye a rattaché la démarche à la vision Mali 2063, qui a fait de 2025 l’année de la culture et de 2026 et 2027 des années d’éducation et de culture, en plaidant pour l’intégration des sciences sociales et pour des recherches tenant compte de l’identité et de l’histoire de ces pays.

Il reste à distinguer ce qui est signé de ce qui est applicable. Un accord sur les curricula engage trois ministères, il ne vaut pas encore reconnaissance mutuelle des diplômes, ni mécanisme de financement, ni programmes communs opérationnels dans les universités. La mobilité étudiante annoncée suppose des équivalences, et les équivalences supposent des textes que la conférence n’a pas publiés.

Pour les trois États, l’enjeu dépasse l’université. Ayant quitté la CEDEAO, ils doivent reconstruire sur leur propre espace des mécanismes d’équivalence que l’organisation régionale portait jusque-là. C’est ce chantier qui a commencé à Ouagadougou, et son avancement se mesurera aux arrêtés d’application pris dans chacun des trois pays.


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