Côte d’Ivoire : un an après le bras de fer sur les droits de trafic, Air France et Air Côte d’Ivoire croisent leurs codes

Le partage de codes réciproque conclu entre Air France et Air Côte d'Ivoire sur la liaison Paris-Charles-de-Gaulle et Abidjan-Félix-Houphouët-Boigny entre en vigueur le dimanche 25 octobre 2026. Air France appose son code sur les vols opérés par la compagnie ivoirienne, et Air Côte d'Ivoire commercialise sous sa propre bannière les vols assurés par Air France sur le même axe.

Le partage de codes réciproque conclu entre Air France et Air Côte d’Ivoire sur la liaison Paris-Charles-de-Gaulle et Abidjan-Félix-Houphouët-Boigny entre en vigueur le dimanche 25 octobre 2026. Air France appose son code sur les vols opérés par la compagnie ivoirienne, et Air Côte d’Ivoire commercialise sous sa propre bannière les vols assurés par Air France sur le même axe.

L’accord a été officialisé le lundi 19 octobre à Ajaccio, en marge de la réunion de l’Association des transporteurs aériens francophones. Air France est actionnaire d’Air Côte d’Ivoire depuis la création de la compagnie ivoirienne en 2012.

Cette signature met un terme à douze mois de tension sur le même axe. Air Côte d’Ivoire avait ouvert sa ligne vers Paris-Charles-de-Gaulle le 15 octobre 2025, son premier long-courrier, avec un Airbus A330-900neo. Dans les semaines qui ont suivi, la Direction générale de l’aviation civile française et l’Agence nationale de l’aviation civile ivoirienne se sont opposées sur l’attribution des droits de trafic, et la validation des programmes de vols d’Air France et de Corsair s’est enlisée. Abidjan cherchait à rééquilibrer une relation aérienne qu’elle jugeait peu favorable à sa compagnie nationale. Les consultations aéronautiques qu’elle avait demandées pour réviser les accords bilatéraux avaient auparavant tourné court, laissant le champ libre aux deux transporteurs français.

Le refus d’un partage de codes faisait partie des griefs exprimés publiquement à Abidjan. Le 30 septembre 2026, l’opposant ivoirien Ahoua Don-Mello soutenait que ce refus privait la compagnie nationale des passagers en correspondance. L’accord a été annoncé dix-neuf jours plus tard.

Pour le voyageur, la modification est immédiate. Un client réservant chez Air France peut se voir proposer un vol portant un numéro AF mais opéré par Air Côte d’Ivoire, et l’inverse vaut sur le site de la compagnie ivoirienne. Les fréquences se combinent, ce qui élargit le choix des horaires. Air France exploite jusqu’à douze vols hebdomadaires sur Abidjan en Airbus A350 et Boeing 777. Les sources divergent sur le programme d’Air Côte d’Ivoire, entre quatre et huit vols par semaine en A330-900neo. Corsair propose par ailleurs jusqu’à six vols hebdomadaires entre Paris-Orly et Abidjan.

L’intérêt de l’opération n’est pas symétrique, et les deux directions générales le formulent différemment. Anne Rigail, directrice générale d’Air France, parle d’une nouvelle étape dans la coopération entre les deux transporteurs. Laurent Loukou, directeur général d’Air Côte d’Ivoire, y voit le moyen pour sa compagnie de « bénéficier dès son lancement d’une commercialisation à travers le réseau mondial d’Air France au départ et à destination de la Côte d’Ivoire ».

L’accord doit s’étendre à d’autres destinations du réseau Air France avant la fin du premier semestre 2027, sans que celles-ci aient été nommées. Les programmes de fidélité suivent : Flying Blue, commun à Air France et KLM, et sMiles, celui d’Air Côte d’Ivoire, doivent être interconnectés d’ici la fin 2026.

Un point mérite l’attention des équipes opérationnelles ivoiriennes, et il est d’actualité. Le vendredi 23 octobre, le département américain des Transports a infligé 425 000 dollars d’amendes à Air France et KLM pour des vols effectués au-dessus de l’Irak sous l’altitude minimale fixée par l’autorité fédérale américaine de l’aviation. La compétence de Washington reposait exclusivement sur la présence du code de Delta Air Lines sur ces vols. Apposer son code sur le vol d’un partenaire, ou laisser un partenaire apposer le sien, engage donc au-delà du commercial.


Alioune Ndiaye

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