Lettre ouverte à Sadio Mane par Mabouba Diagne

Lettre ouverte à Sadio Mane par Mabouba Diagne

Lettre ouverte à Sadio Mane par Mabouba Diagne

Le « Kiiraay », cette aspiration à un Sénégal nouveau, plus juste, plus souverain et plus prospère, a suscité une immense espérance populaire. Mais lorsque la pluie tombe, ce qui compte n’est plus la beauté du parapluie, mais sa capacité à protéger.

La signature, ce 23 septembre 2026 à New York, du protocole d’accord entre la Société africaine de raffinage (SAR) et la compagnie turque Yamata mérite une lecture qui dépasse la seule question énergétique.

Carte de séjour, expulsions et le cas de la communauté guinéenne : que dit le droit ? I. LE SÉNÉGAL,…

Première expérience du genre dans le milieu universitaire sénégalais, le Camp citoyen de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis a réuni près de 500 étudiants pendant deux semaines autour de la formation civique et patriotique, de la discipline militaire, du sport et des actions communautaires.

Senelec a un talent singulier. Depuis quelques semaines, elle a réussi l'exploit de rappeler aux Sénégalais que l'électricité n'est pas seulement une énergie, mais une philosophie de l'existence. Ça va, ça vient, ça repart, ça revient, ça hésite, ça vacille, ça clignote. De temps en temps, elle disparaît avec une régularité qui donne à l'obscurité des allures de politique publique.

ACCORD SENEGAL/ENI :
NE TOUCHEZ PAS AU POLYGONE
Le syndrome de l'unitisation ou les risques cachés du redécoupage de l'Offshore Profond sénégalais YAKAAR-TERANGA
La passe d'armes entre l'ex-Directeur général de Petrosen, AG Gueye, et le le Ministère de l’Énergie et du Pétrole dépasse largement la simple querelle médiatique. C'est au fond, un cas d'école des failles qui minent la gestion de notre cadastre pétrolier. Outre la polémique autour d'un supposé « bradage »le vrai malaise se situe ailleurs : dans le décalage abyssal entre le temps de l'administration et celui de la communication.
Tout part d'une collision frontale entre le droit et le discours. Prenons le décret n°2026-680 du 18 mars 2026. Signé par le chef de l'État, il grave dans le marbre ou plus exactement dans son annexe que le bloc SN07M correspond à Cayar Offshore Profond (COP-1). La géodésie est formelle : les sommets UTM de ce SN07M calquent au millimètre près le périmètre officiel de Yakaar-Teranga validé en 2024. Jusqu’à preuve du contraire, la loi dit que SN07M, c'est Yakaar-Teranga.
Pourtant, coup de tonnerre : le ministère de Dr El Hadji Abdourahmane DIOUF annonce en grande pompe un protocole d’accord avec ENI incluant ce même bloc. Devant la levée de boucliers, la tutelle rétropédale et invoque une mise à jour. SN07M désignerait désormais Saint-Louis Offshore Profond (SLOP2), tandis que notre joyau gazier aurait glissé sous une nouvelle appellation, SN08M. Les cartes brandies par les critiques ? "Obsolètes" tranche le ministère.
Sauf que l’État ne se gère pas à coups de brouillons internes. L'article 4 du décret de mars permet certes au ministre de modifier la nomenclature par arrêté mais où est ce document ? Sans publication au Journal Officiel préalablement à la signature avec la major italienne, ce redécoupage est juridiquement nul. Résultat des courses : au regard de la loi, le ministère a bel et bien signé un mémorandum sur le périmètre exact abritant Yakaar-Teranga.
Sur ce point précis, l’alerte d'Alioune Gueye est d'une implacable logique. Yakaar-Teranga n'est pas un lopin de mer à explorer, c'est un actif mature.
Nous parlons de plus de 20 Tcf de gaz récupérable arrachés de haute lutte après le départ de Kosmos. Des fortunes ont déjà été englouties dans des études d'ingénierie complexes par TPAO, Worley et Subsea7. Remettre ce gisement totalement dérisqué entre les mains d'un nouvel acteur pour de vagues « études préliminaires » tiendrait de l'aberration industrielle.
Soyons clairs. Il est très probable que le ministère visait effectivement la zone de Saint-Louis et non Yakaar-Teranga. Si l'intention de brader n'y est pas, la bourde est colossale : on a communiqué et contracté sur la base d'une cartographie fantôme qui n'avait pas encore pris force de loi. Mais l'affaire va beaucoup plus loin qu'une simple bataille d'acronymes. Dans l'industrie pétrolière, les lettres et les chiffres ne sont qu'un vernis administratif. L'unique juge de paix, c'est le polygone, c'est-à-dire la limite géographique tracée par des coordonnées GPS absolues. Si le ministère a physiquement redécoupé la zone, le risque stratégique devient vertigineux.
Un réservoir de gaz naturel ne s'arrête pas net là où un fonctionnaire a tiré un trait sur une carte. Il s'étire sur des dizaines de kilomètres carrés sous le fond marin. Imaginons un instant que pour harmoniser visuellement son cadastre, la tutelle ait créé le bloc SN08M tout en le rognant par rapport à l'ancien bloc historique Cayar Offshore Profond. L'objectif ? Gonfler la superficie du fameux SN07M voisin.
ELIMANE NDAO

Spécialiste en énergie – Consultant indépendant
Commissaire adjoint à l’Énergie – Membre du Bureau exécutif du MONCAP
Courant. Coupure. Courant. Coupure.
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