Cameroun : au procès Martinez Zogo, un enquêteur déclare que la vidéo de la torture n’a pas été retrouvée
Le procès de l'assassinat du journaliste Martinez Zogo s'est ouvert le 25 mars 2024 devant le tribunal militaire de Yaoundé. Dix-se
Le procès de l’assassinat du journaliste Martinez Zogo s’est ouvert le 25 mars 2024 devant le tribunal militaire de Yaoundé. Dix-sept personnes y comparaissent. Trente-cinq témoins sur quarante-trois ont été entendus.
Arsène Salomon Mbani Zogo, animateur d’une émission de radio très suivie à Yaoundé, connu sous le nom de Martinez Zogo, a été enlevé en janvier 2023. Son corps, portant des traces de torture, a été retrouvé le 22 janvier 2023 à Yaoundé.
Un élément matériel central manque au dossier. Le 15 septembre 2026, le trente-cinquième témoin de l’accusation, le lieutenant-colonel Dieudonné Bialo, chef du service central des recherches judiciaires, a confirmé devant le tribunal que la vidéo de la torture alléguée n’avait jamais été retrouvée dans les téléphones saisis, notamment ceux de Jean-Pierre Amougou Belinga et du lieutenant-colonel Justin Danwe.
Le même témoin a déclaré que ni le secrétaire général de la présidence de la République, ni le ministre des Finances, ni le ministre de la Justice n’apparaissaient dans les investigations de son service.
Le 16 février 2026, deux agents employés à la Direction générale de la recherche extérieure au moment des faits ont été entendus. L’un d’eux, Nyambi Penda, a souligné que le matériel utilisé pour torturer Martinez Zogo, corde, huile et farine, ne correspondait à aucune procédure de son service.
Dans un communiqué publié le 17 septembre 2026, le collectif d’avocats de Léopold Maxime Eko Eko, ancien directeur général de la DGRE, affirme que les trente-trois premiers témoins entendus n’ont établi aucun lien, direct ou indirect, entre leur client et l’assassinat. La défense dénonce un tribunal de l’opinion.
À l’audience du 13 juillet 2026, Eko Eko s’est déclaré victime de menaces de mort. « J’espère être encore vivant lors des prochaines audiences afin de contribuer à la manifestation de la vérité », a-t-il dit au tribunal.
Eko Eko dirigeait la DGRE depuis 2010. Le décret n° 2023/572 du 19 décembre 2023 a mis fin à ses fonctions. Jean-Pierre Robins Ghoumo lui a succédé.
Huit témoins restent à entendre. Les audiences se poursuivent devant le tribunal militaire de Yaoundé.
Alioune Ndiaye



