Ousmane Sonko a la majorité, Bassirou Diomaye a l’exécutif : Le divorce est consommé !

Le rejet de la Loi de Finances Rectificative par l’Assemblée nationale est un camouflet politique pour Bassirou Diomaye Faye. Président de la République et chef de l’exécutif, il découvre à ses dépens qu’on ne gouverne pas avec un pouvoir présidentiel sans majorité parlementaire acquise.

Face à lui, Ousmane Sonko dispose d’un autre levier : une majorité parlementaire de 79 % de

Le rejet de la Loi de Finances Rectificative par l’Assemblée nationale est un camouflet politique pour Bassirou Diomaye Faye. Président de la République et chef de l’exécutif, il découvre à ses dépens qu’on ne gouverne pas avec un pouvoir présidentiel sans majorité parlementaire acquise.

Face à lui, Ousmane Sonko dispose d’un autre levier : une majorité parlementaire de 79 % des sièges, qui ne semble manifestement plus marcher au pas du palais. Le divorce politique entre les deux hommes a désormais quitté les salons pour s’inviter dans les institutions. Diomaye tient l’exécutif, Sonko contrôle l’essentiel du rapport de force parlementaire. Deux centres de pouvoir, deux logiques et un pays pris en otage.

Pourtant, lorsqu’on dirige un pays face à une majorité parlementaire qui détient 79 % des sièges, la première leçon de démocratie consiste à comprendre qu’on ne gouverne ni par injonction ni par arrogance. On dialogue, on négocie, on respecte les élus, on ne les titille pas de la manière dont, le ministre des finances Cheikh Diba l’a fait, car ils sont les

dépositaires de la légalité parlementaire et de la légitimité populaire. Mais visiblement, au palais, certains confondent autorité présidentielle et permis de gouverner sans majorité.

La facture, elle, pourrait être salée : une LFR recalée, des finances publiques sous pression et 2,2 milliards de dollars du FMI dans l’incertitude. Pendant que les partenaires financiers réclament des garanties, le gouvernement semble davantage préoccupé par une querelle de territoire que par le sort du pays.

Quelle ironie pour le président Diomaye qui promettait une rupture avec les pratiques de l’ancien système ! La rupture promise s’est transformée en rupture entre les rupturistes.

Diomaye a le palais, Sonko dispose des troupes parlementaires. Mais gouverner un pays n’est pas jouer aux chaises musicales institutionnelles. À force de vouloir exercer le pouvoir sans composer avec la majorité, l’exécutif risque de découvrir qu’un fauteuil présidentiel ne suffit pas à faire voter un budget.

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