Géopolitique : à Bamako, l’AES verrouille ses fréquences militaires
Des responsables militaires et des spécialistes des télécommunications du Mali, du Burkina Faso et du Niger se réunissent à Bamako du 2 au 4 novembre pour la deuxième concertation sur la coordination de leurs fréquences militaires.
Des responsables militaires et des spécialistes des télécommunications du Mali, du Burkina Faso et du Niger se réunissent à Bamako du 2 au 4 novembre pour la deuxième concertation sur la coordination de leurs fréquences militaires. Organisée par l’Autorité malienne de régulation des télécommunications et ouverte par le général de division Oumarou Diarra, elle vise à prévenir les brouillages radioélectriques entre les trois armées, en particulier aux frontières.
Un chantier entamé il y a un an
Cette réunion technique prolonge un accord signé le 21 novembre 2025 entre les régulateurs des trois pays, qui avait instauré des mécanismes de coordination dans une bande de quinze kilomètres de part et d’autre de leurs frontières communes. Le Togo, par la voix de son régulateur, avait alors fait savoir son intérêt pour rejoindre ces arrangements. La convention du 25 septembre 2026, qui élargit la coopération aux communications électroniques et à la cybersécurité, inscrit cette coordination militaire dans un cadre numérique plus large que les seules armées.
Une brique de l’architecture militaire commune
L’enjeu dépasse la seule technique. L’AES a lancé en décembre 2025 à Bamako sa Force unifiée, portée depuis à six mille soldats, avec un poste de commandement conjoint installé à Niamey. Une armée commune ne peut fonctionner sans communications fiables entre unités de nationalités différentes opérant sur un même théâtre : la coordination des fréquences en est l’un des fondements techniques, aux côtés de l’harmonisation des équipements et des procédures de renseignement.
Un épisode récent rend l’enjeu plus concret
La fragilité de ce dispositif a été exposée en août 2026, quand une mutinerie a visé la base aérienne 101 de Niamey, celle-là même qui abrite le commandement de la Force unifiée. La tentative a été repoussée avec l’appui de la garde présidentielle et de partenaires russes, mais des analystes y ont vu la preuve qu’une instabilité dans un seul des trois États pourrait fragiliser l’ensemble de l’édifice confédéral, transmissions comprises.
Harmoniser les ondes ne suffira pas
Les participants planchent sur une base de données commune des fréquences, encore à l’étude, ainsi que sur les procédures d’échange d’informations entre unités. Plusieurs obstacles subsistent : compatibilité des équipements radio, confidentialité des données militaires, financement des dispositifs et application effective des décisions par les trois armées. Les conclusions attendues ce mercredi diront si ces trois jours de travail technique se traduisent par des engagements concrets, au-delà du principe déjà acquis d’une coordination renforcée.
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