Sénégal : JOJ Dakar 2026, les Douanes accordent la franchise et trente jours, sans publier un seul chiffre
Mamadou Diagna Ndiaye, président du CNOSS et du Comité d'organisation, l'a reçu et a résumé l'enjeu en une phrase : « La Douane est au cœur des JOJ 2026. Son rôle est déterminant dans la livraison dans les délais. »
Le directeur général des Douanes, Malick Mbaye, s’est rendu le dimanche 25 octobre au siège du Comité national olympique et sportif sénégalais, à six jours de l’ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse. Il a pris ses fonctions le 10 septembre. Le dispositif douanier dont il hérite a été signé le 2 avril 2025, et son contenu est plus précis que les communiqués ne le laissent entendre.
Mamadou Diagna Ndiaye, président du CNOSS et du Comité d’organisation, l’a reçu et a résumé l’enjeu en une phrase : « La Douane est au cœur des JOJ 2026. Son rôle est déterminant dans la livraison dans les délais. » Le directeur général a assuré que les brigades et unités de première ligne des plateformes aéroportuaires et portuaires étaient prêtes à accueillir athlètes et officiels. Les compétitions se tiennent du 31 octobre au 13 novembre, à Dakar, Diamniadio et Saly, sur huit sites, avec près de 2 700 athlètes de quinze à dix-sept ans, 239 épreuves et environ 6 000 volontaires.
Le protocole conclu le 2 avril 2025 entre la Direction générale des Douanes et le Comité d’organisation ne se résume pas à des procédures simplifiées. Il prévoit l’admission en franchise de droits et taxes des marchandises éligibles, une régularisation tous les trente jours renouvelables, des vérificateurs dédiés chargés de centraliser et d’accélérer l’examen des déclarations, des visas électroniques pour les documents de change et la désignation d’un point focal JOJ au sein de la direction générale. C’est un régime d’exception borné dans le temps, et non une déclaration d’intention.
La continuité du dispositif est institutionnelle, elle n’est pas personnelle. Le comité de suivi destiné à anticiper la hausse des flux de marchandises a été annoncé le 30 mars 2026, lors d’une visite au chantier du stade Iba Mar Diop, par Babacar Mbaye, alors directeur général des Douanes. Il évoquait l’importation de milliers d’équipements, dont une partie devra être réexportée après la compétition. Malick Mbaye lui a succédé à l’issue du Conseil des ministres du 10 septembre 2026. Celui qui conduit la phase décisive n’est donc pas celui qui a bâti le dispositif, et il compte sept semaines d’exercice au moment où les délégations se posent à Dakar.
Le reste de la chaîne a été contractualisé par étapes. Le 8 janvier 2026, à Diamniadio, le Comité d’organisation et l’Agence de promotion des sites industriels ont signé la mise à disposition de hangars de stockage et de logistique, pour un stockage centralisé du matériel. La dépêche de l’agence de presse décrit deux hangars de 16 000 mètres carrés quand son titre retient 16 000 mètres carrés au total, et aucune des deux versions n’a été corrigée depuis. Le 22 janvier, à Diass, le même comité a signé avec AIBD SA, Limak Aéroport du Sénégal et le prestataire d’assistance et de fret 2AS une convention portant sur l’accueil des délégations, la coordination des flux aéroportuaires et les dispositifs de sûreté aux normes internationales. Cheikh Mamadou Abiboulaye Dièye pour l’AIBD, Askin Demir pour LAS et Ibrahima Wade pour le comité en ont porté la parole.
Un document échappe aux communiqués et concerne directement les voyageurs. La Direction générale des Douanes et le Comité d’organisation ont publié en ligne un Guide du voyageur qui récapitule les formalités et les facilités applicables pendant la période olympique. Pour les familles et les supporters venus de la diaspora, c’est la pièce à consulter avant l’embarquement, et elle a été diffusée sans campagne d’information.
Ce qui manque n’est pas l’organisation, c’est la mesure. Aucune des sources publiques consultées ne publie de délai moyen de dédouanement, de volume ou de tonnage de matériel traité, ni de taux de réexportation attendu après le 13 novembre. Le seul ordre de grandeur disponible reste l’expression milliers d’équipements employée en mars par le prédécesseur. Les déclarations attestent d’une coordination, elles ne tiennent pas lieu d’évaluation, et l’administration détiendra après les Jeux des données qu’elle est en mesure de publier.
L’héritage logistique de ces Jeux se lira donc dans deux documents qui n’existent pas encore, le bilan de dédouanement de la période olympique et l’état des réexportations de matériel. Le Sénégal a obtenu un régime douanier d’exception pour deux semaines de compétition. Ce qu’il en retirera pour les grands événements suivants dépendra de ce qu’il en publiera.


