Sénégal : six mois après l’inauguration de l’agropole de Kolda, combien d’entreprises y ont ouvert ?
Le parc agro-industriel de Kolda, à Dioulacolon, a été inauguré le vendredi 24 avril 2026 par le président Bassirou Diomaye Faye. Six mois plus tard, le nombre d'unités de transformation effectivement entrées en production sur le site n'a pas été rendu public.
Le parc agro-industriel de Kolda, à Dioulacolon, a été inauguré le vendredi 24 avril 2026 par le président Bassirou Diomaye Faye. Six mois plus tard, le nombre d’unités de transformation effectivement entrées en production sur le site n’a pas été rendu public.
L’infrastructure est documentée avec précision. Quinze hectares au total, dont cinq aménagés, des parcelles viabilisées sur deux hectares extensibles, un hangar de stockage de 3 600 tonnes, des chambres froides de 220 tonnes et un hangar industriel. Le site a coûté 2,32 milliards de francs CFA, financés par la Banque islamique de développement, sous la tutelle du ministère de l’Industrie et du Commerce dirigé par le Dr Serigne Gueye Diop. L’architecture du parc a été présentée au chef de l’État par la coordonnatrice nationale du Programme national de développement des agropoles, Aïssatou Ndiaye.
Le président a profité de la cérémonie pour relever l’enveloppe du programme. « Comme nous l’avions fait à Adéane, l’agropole sud qui doit être installé dans 9 sites pour 54 milliards passe à 89 milliards », a-t-il déclaré. Le projet bénéficie par ailleurs d’un cofinancement de la Banque africaine de développement à hauteur de 28,3 milliards de francs CFA, soit environ 50,5 millions de dollars, les parcs de Kolda et d’Adéane recevant également l’appui de la Banque islamique de développement. Les filières visées sont le maïs, la mangue et l’anacarde.
Une formulation employée ce jour-là mérite d’être relevée, car elle confond deux ordres de réalité. Le chef de l’État a affirmé qu’avec ce parc, « ce sont 14 500 emplois qui sont créés dans toute la zone sud ». Ces emplois ne sont pas créés : ils constituent une projection portant sur l’ensemble de l’Agropole Sud et sur ses neuf sites, dont huit restent en cours de réalisation. Le chiffre varie d’ailleurs selon les sources, 14 500 emplois directs pour la présidence de la République, jusqu’à 15 000 pour la Banque africaine de développement, auxquels s’ajoutent 35 000 emplois indirects attendus.
Un seul indicateur mesure aujourd’hui la présence réelle d’entreprises dans le dispositif, et il vient du Bureau de mise à niveau, structure du même ministère. À la veille de l’inauguration, cinquante-trois entreprises avaient bénéficié de son accompagnement dans le cadre de l’Agropole Sud, pour un engagement global de près de 598 millions de francs CFA en primes. C’est l’ordre de grandeur à retenir face aux 89 milliards annoncés.
Les questions qui décideront du sort de ce programme sont donc chiffrables et vérifiables. Combien d’unités privées occupent aujourd’hui les parcelles viabilisées de Dioulacolon ? Quels volumes de maïs, de mangue et d’anacarde y ont été transformés depuis avril ? Quelle part de ces unités relève de PME sénégalaises ? Et où en sont les huit autres sites du pôle Sud ?
Le Programme national de développement des agropoles et le ministère de l’Industrie et du Commerce disposent de ces données. Leur publication dirait, mieux que toute inauguration, si le Sénégal transforme davantage sur son sol.



