Sénégal : près d’une école sur deux à haut risque d’inondation à Saint-Louis

À Saint-Louis, 46,8 % des écoles examinées sont classées à haut ou très haut risque d'inondation. La proportion est de 33,5 % à Kaolack et de 17,4 % à Dakar. Ces chiffres sont ceux de la cartographie scolaire actualisée en 2025 par la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l'éducation publique, avec le ministère de l'Éducation nationale, et publiée alors que la rentrée vient d'être reportée au 12 octobre 2026.

À Saint-Louis, 46,8 % des écoles examinées sont classées à haut ou très haut risque d’inondation. La proportion est de 33,5 % à Kaolack et de 17,4 % à Dakar. Ces chiffres sont ceux de la cartographie scolaire actualisée en 2025 par la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique, avec le ministère de l’Éducation nationale, et publiée alors que la rentrée vient d’être reportée au 12 octobre 2026.

Le travail porte sur la région de Dakar et sur les départements de Saint-Louis et Kaolack. Il classe les établissements en quatre catégories : régulièrement inondables, à risque, non inondables, et occupés par des sinistrés. La COSYDEP conduit cet exercice depuis 2009, initialement avec l’UNICEF.

Quatre-vingt-huit pour cent des inondations durent plus de deux semaines

C’est la donnée qui change la nature du problème. Il ne s’agit pas d’une pluie qui passe mais d’une interruption longue, et elle se répète chaque hivernage. Les conséquences recensées sont la réduction du quantum horaire dans 58,7 % des cas, la détérioration du matériel pédagogique dans 44,6 %, et la suspension complète des cours dans 21,7 %.

L’ancienneté du phénomène est documentée. Les inondations sont récurrentes depuis 2005. En 2008, elles ont touché plus de 250 000 familles et inondé 88 écoles ainsi que 12 centres de santé. En 2009, plus de 250 écoles étaient inondées ou occupées par des sinistrés, dont plus de 130 dans la seule région de Dakar, et les dommages et pertes du secteur éducatif ont été chiffrés à 2 423 038 132 FCFA, dont 999 220 000 pour la banlieue de Dakar. Dix-sept ans plus tard, les mêmes zones figurent en rouge sur les cartes.

Les causes identifiées ne sont pas toutes climatiques. Le rapport cite la hauteur de la nappe, l’obstruction des voies naturelles d’évacuation par une occupation anarchique de l’espace, un assainissement vétuste ou inexistant, le remblaiement et le déversement d’ordures. Il mentionne aussi une pratique plus directe : des riverains dévient parfois les eaux de ruissellement vers les cours des écoles pour préserver leur propre confort.

Une proposition qui touche au calendrier national

Parmi les recommandations, une seule engage une décision politique immédiate. La coalition demande de renoncer à un calendrier scolaire uniforme au profit de rentrées graduées et différenciées selon les réalités locales et le niveau d’exposition de chaque territoire. Autrement dit, que Saint-Louis et Dakar ne rentrent pas nécessairement le même jour.

Les autres mesures demandent du temps et de l’argent : relocalisation planifiée et budgétisée des établissements en zone rouge, surélévation des bâtiments, pavage des cours, réseaux de drainage entretenus, comités locaux de gestion des risques, plan de contingence par établissement avec sites d’accueil alternatifs, suivi médical dans les écoles affectées. L’État a annoncé le 6 octobre un programme national de lutte contre les inondations de 921 milliards de FCFA, dont la part consacrée aux établissements scolaires n’est pas connue.

La COSYDEP prend acte du report au 12 octobre et demande que cette date soit ferme, assortie d’un dispositif de suivi vérifiant que la rentrée est effective sur l’ensemble du territoire. Elle avance par ailleurs un argument à contre-courant : dans les zones encore sous les eaux, un établissement sécurisé et fonctionnel protège mieux un enfant que la maison, la rue ou les espaces publics inondés.


Alioune Ndiaye

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