PATRIMOINE BÂTI : 1 600 bâtiments dans la nature , la République en location !

La Commission d’enquête parlementaire exhume un patrimoine public qui ressemble à un inventaire après pillage : en juin 2024, 1 600 bâtiments de l’État, donc du peuple, étaient signalés comme introuvables dans les circuits de gestion. Des immeubles fantômes, des dossiers en miettes et des milliards qui prennent la poudre d’escampette !

La Commission d’enquête parlementaire exhume un patrimoine public qui ressemble à un inventaire après pillage : en juin 2024, 1 600 bâtiments de l’État, donc du peuple, étaient signalés comme introuvables dans les circuits de gestion. Des immeubles fantômes, des dossiers en miettes et des milliards qui prennent la poudre d’escampette !

Plus croustillant encore : 5 000 mètres carrés en plein centre-ville, à deux pas de la Primature et du Palais présidentiel, dont la cession à l’homme d’affaires israélien Ron Yeffet, présenté comme un ami de Macky Sall, soulève de lourdes questions. Son nom est également associé, dans les accusations évoquées, à une opération d’armement de 45 milliards de francs CFA impliquant le trafiquant d’armes Petit Boubé. Des éléments qui exigent des vérifications rigoureuses, des documents et des responsabilités clairement établies.

Près de 2 200 bâtiments recensés, seulement 520 dossiers fonciers constitués, des baux de 99 ans, des conventions contestées et des projets immobiliers à l’arrêt : le patrimoine de l’État semble avoir été géré avec la rigueur d’un grenier dont personne ne possède la clé.
Pendant que l’administration cherche ses propres immeubles, le contribuable continue de payer des milliards en locations privées. La République possède des bâtiments, mais loue des locaux : voilà le miracle immobilier à la sénégalaise !

La question est désormais brutale : qui a cédé quoi, à qui, à quel prix et sur quelle base légale ? Qui a signé, qui a validé et qui a regardé ailleurs ?
Le patrimoine public n’est pas un gâteau d’anniversaire que les puissants se partagent avant de souffler les bougies. La commission ne doit pas accoucher d’un rapport de plus, promis aux archives et condamné à la poussière.

Il faut des preuves, des comptes et, si les faits sont établis, des sanctions. Car les bâtiments peuvent disparaître des fichiers, mais les responsabilités ne doivent pas s’évaporer dans les couloirs du pouvoir.
Quand les immeubles deviennent fantômes, ce sont les deniers publics qui se font enterrer.

Malick BA

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