Sénégal : le gouvernement reçoit toute la presse le jour où il dénonce l’accord social de la RTS
Le Premier ministre Ahmadou Alhaminou Lô a réuni le vendredi 16 octobre l'ensemble des acteurs des médias sénégalais, éditeurs privés, syndicats, organes de régulation et entreprises publiques. Aucun montant d'aide, aucun dispositif fiscal et aucune échéance n'ont été rendus publics à l'issue de la séance.
Le Premier ministre Ahmadou Alhaminou Lô a réuni le vendredi 16 octobre l’ensemble des acteurs des médias sénégalais, éditeurs privés, syndicats, organes de régulation et entreprises publiques. Aucun montant d’aide, aucun dispositif fiscal et aucune échéance n’ont été rendus publics à l’issue de la séance.
La rencontre s’est tenue en présence du Dr Bacary Sarr, ministre de la Communication et des Relations avec les institutions et porte-parole du gouvernement, et de Mactar Silla, président du Comité scientifique des Assises nationales des médias. Le Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal a exposé les difficultés économiques, structurelles et fiscales des entreprises. Le SYNPICS et la Convention des jeunes reporters du Sénégal ont porté les conditions de travail des journalistes et des techniciens. L’Union des radios associatives et communautaires a défendu l’avenir des radios de proximité.
Le Conseil pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie dans les médias et la Commission de la carte nationale de presse sont intervenus sur la régulation et l’assainissement du secteur. Les responsables de la RTS, du Soleil, de l’Agence de presse sénégalaise et de Télédiffusion du Sénégal ont présenté les difficultés de leurs structures.
Une information technique mérite d’être isolée du reste, car elle engage l’avenir du secteur. Le Bureau organisation et méthodes a fait le point sur le recrutement des membres du Conseil national de régulation des médias, appelé à remplacer le Conseil national de régulation de l’audiovisuel. Le CNRA ne régule que l’audiovisuel ; le CNRM aura vocation à couvrir l’ensemble des médias, presse écrite et sites en ligne compris. Le mode de désignation de ses membres déterminera son indépendance, et c’est à ce stade que le processus se trouve.
Le calendrier de cette séance appelle une remarque. Le même vendredi, devant les centrales syndicales et le patronat, le Premier ministre qualifiait de trahison envers l’État l’accord d’entreprise signé à la RTS par son ancien directeur général, et annonçait qu’il n’était pas finançable. La RTS figurait parmi les structures reçues dans l’après-midi, et son intersyndicale a décrété une grève de soixante-douze heures à partir du 31 octobre, jour de l’ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse.
Le compte rendu indique que le Premier ministre et le ministre de la Communication ont répondu aux préoccupations soulevées. Il ne dit rien de la teneur de ces réponses. Pour des entreprises de presse qui réclament des mesures fiscales et un fonds d’appui, une séance d’écoute sans chiffre ne modifie pas leur situation. La prochaine étape sera celle des textes et des montants inscrits en loi de finances.
Alioune Ndiaye



