Sénégal : le ministre du Budget chiffre les engagements sociaux dans la loi de finances que Pastef refuse de voter

Le ministre chargé du Budget, Bassirou Sarr, a chiffré le lundi 19 octobre les engagements financiers de l'État envers les entreprises et les agents publics. Une partie de ces montants est inscrite dans la loi de finances rectificative que le groupe parlementaire de Pastef a annoncé, le même jour, ne pas vouloir voter en l'état.

Le ministre chargé du Budget, Bassirou Sarr, a chiffré le lundi 19 octobre les engagements financiers de l’État envers les entreprises et les agents publics. Une partie de ces montants est inscrite dans la loi de finances rectificative que le groupe parlementaire de Pastef a annoncé, le même jour, ne pas vouloir voter en l’état.

Sur les arriérés dus aux entreprises, le ministre indique que l’État a payé 490 milliards de francs CFA en 2025 et prévoit une enveloppe de 300 milliards pour 2026. Il évoque en outre un montant supplémentaire de 269 milliards présenté comme un appui au règlement de ces arriérés. Ces retards de paiement des marchés publics pèsent sur la trésorerie des entreprises, leurs investissements et leurs emplois.

Dans la santé, le programme de recrutement de 2 500 agents est en cours d’exécution, pour un coût annuel estimé à 14,541 milliards. Le recrutement additionnel de 3 000 agents envisagé porterait les dépenses annuelles des deux programmes à environ 31 milliards, et le ministre précise que ce total s’entend avant même la prise en compte des recrutements prévus pour 2027. Dans l’enseignement supérieur, le programme pluriannuel de 1 500 enseignants se poursuit, avec une première vague de 500 en cours d’intégration.

L’indemnité de logement des agents publics, instituée par un décret du 7 janvier au titre du Pacte de stabilité sociale, a donné lieu au versement de 13,237 milliards à environ 13 000 agents, sur la base d’un montant mensuel de 100 000 francs CFA. La dépense totale est projetée à 15,864 milliards pour 2026. Une enveloppe de 1,282 milliard est par ailleurs inscrite dans la loi de finances rectificative pour le logement des agents contractuels de la santé, avec une consolidation annoncée dans la loi de finances 2027.

Deux chiffres de ce dernier point méritent d’être mis en regard. Le ministre du Budget inscrit 1,282 milliard pour les contractuels de la santé, quand son collègue de la Santé évaluait le même jour à 8,8 milliards le coût de l’extension de l’indemnité de logement aux 7 365 agents concernés. L’écart entre les deux montants mesure ce qui reste en discussion.

Bassirou Sarr a insisté sur la nécessité de concilier ces engagements avec les capacités financières du pays et appelé les organisations syndicales à poursuivre le dialogue. L’argument se heurte à une difficulté de calendrier, puisque la loi de finances rectificative qui porte une partie de ces crédits n’est pas adoptée, et que le président de l’Assemblée nationale a annoncé que les députés de son parti ne la voteraient pas en l’état.

Ces déclarations s’inscrivaient dans la séquence interministérielle sur le climat social tenue à la veille de la grève générale des 21, 22 et 23 octobre

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