Sénégal : le gouvernement appelle au dialogue la veille d’une grève générale, sans citer de mesure nouvelle

Le Front syndical pour la défense du Sénégal a décrété une grève générale de soixante-douze heures les 21, 22 et 23 octobre. La veille du déclenchement, le lundi 19 octobre à Dakar, le gouvernement a tenu un point de presse pour appeler les centrales syndicales à poursuivre le dialogue.

Le Front syndical pour la défense du Sénégal a décrété une grève générale de soixante-douze heures les 21, 22 et 23 octobre. La veille du déclenchement, le lundi 19 octobre à Dakar, le gouvernement a tenu un point de presse pour appeler les centrales syndicales à poursuivre le dialogue.

Le porte-parole du gouvernement, Bakary Sarr, ministre de la Communication et des Relations avec les institutions, a rappelé la réunion du Comité de pilotage tripartite du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et le développement, tenue le jeudi 15 octobre sous la présidence du Premier ministre Ahmadou Alhaminou Lô. « Notre priorité est de poursuivre les échanges dans l’esprit de responsabilité et de recherche de solutions dans l’intérêt des travailleurs comme de l’ensemble de la population », a-t-il déclaré.

Ce que cette déclaration ne contient pas mérite d’être relevé. Aucune mesure nouvelle, aucun montant, aucune échéance n’a été rendu public à l’appui de l’appel au dialogue. Le gouvernement invoque les acquis du Pacte de stabilité sociale et demande leur préservation, ce qui revient à opposer un dispositif existant à un mot d’ordre déjà déposé.

Le point de presse s’inscrivait dans une séquence gouvernementale de deux jours. Le même 19 octobre, le ministre de la Justice Moussa Sarr annonçait l’exécution de près de 90 % du protocole des travailleurs de la justice, le ministre de l’Éducation nationale Moustapha Guirassy avançait 99 % pour le sien, et le gouvernement répondait à une menace de grève dans la santé. Le lendemain, le ministre Bassirou Sarr détaillait les engagements financiers de l’État sur les arriérés, les recrutements et le logement.

Une absence a sa signification propre. Le Premier ministre, qui préside le Comité de pilotage du Pacte, ne se trouvait pas à Dakar pendant cette séquence. Il était en visite de travail à Abidjan, où le président Alassane Ouattara l’a reçu le 20 octobre, premier jour de la mobilisation syndicale.

Le calendrier donne à ce bras de fer une portée qui dépasse les trois jours annoncés. Les Jeux olympiques de la jeunesse s’ouvrent le 31 octobre à Diamniadio, et l’intersyndicale de la RTS, diffuseur national de l’événement, a décrété une grève de soixante-douze heures du 31 octobre au 2 novembre. Le gouvernement négocie donc sur deux fronts sociaux dont le second tombe exactement le jour de la cérémonie d’ouverture.

Au 20 octobre, aucune suspension du mot d’ordre n’a été annoncée.


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