Sahara occidental: Après 35 ans, l’ONU se retire
La Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO) a cessé ses opérations après l'échec de deux résolutions au Conseil de sécurité. Le Maroc salue cette évolution, tandis que le Front Polisario et l'Algérie expriment leurs inquiétudes. L'ONU redoute une aggravation des tensions.
Le veto des grandes puissances laisse un conflit sans observateurs
La Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) a cessé ses opérations après l’échec de deux résolutions au Conseil de sécurité. Le Maroc salue cette évolution, tandis que le Front Polisario et l’Algérie expriment leurs inquiétudes. L’ONU redoute une aggravation des tensions.
Trente-cinq ans après son déploiement, la MINURSO entre dans sa phase de liquidation. Créée en 1991 pour accompagner un cessez-le-feu entre le Maroc et le Front Polisario et préparer un référendum d’autodétermination, la mission n’a pas obtenu le renouvellement de son mandat, arrivé à expiration le 31 octobre 2026.
La décision résulte d’une confrontation diplomatique entre les États-Unis et la Russie, vendredi 30 octobre, au Conseil de sécurité des Nations unies.
Le projet américain, soutenu par onze membres du Conseil, proposait de prolonger la mission tout en modifiant son mandat et son appellation. Il faisait du plan marocain d’autonomie sous souveraineté de Rabat la seule base des négociations politiques.
Moscou a opposé son veto, jugeant cette approche déséquilibrée. Un texte alternatif russe, qui prévoyait la reconduction de la MINURSO sans modification fondamentale, a également échoué, avec seulement trois voix favorables et un vote négatif américain.
Un retrait qui satisfait Rabat sans régler le conflit
Le Maroc a accueilli favorablement la non-reconduction de la mission, estimant qu’elle marque une étape importante dans le traitement international du dossier.
Le Front Polisario, qui revendique l’indépendance du territoire, a exprimé ses préoccupations face au blocage diplomatique. L’Algérie a également regretté l’échec du renouvellement, dénonçant l’orientation du projet américain.
Cette divergence reflète les positions opposées sur l’avenir du Sahara occidental, ancienne colonie espagnole dont la majeure partie est administrée par le Maroc.
Le référendum initialement prévu par les Nations unies n’a jamais été organisé, notamment en raison des désaccords persistants sur le corps électoral.
L’ONU alerte sur les risques sécuritaires
La fin des opérations de la MINURSO ne signifie pas la disparition immédiate de son personnel et de ses équipements. Leur retrait doit s’effectuer progressivement dans le cadre de la liquidation administrative et logistique.
Mais la perte de sa capacité d’observation constitue une préoccupation majeure.
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé les parties à la retenue, avertissant des risques d’aggravation des hostilités.
Depuis novembre 2020, le cessez-le-feu de 1991 ne fonctionne plus comme auparavant, après l’annonce par le Front Polisario d’une reprise de la lutte armée.
La fermeture de la mission ouvre ainsi une nouvelle période d’incertitude diplomatique et sécuritaire.
Le Conseil de sécurité n’a pas réglé la question du Sahara occidental. Il a laissé expirer le mandat de l’instrument chargé, depuis 35 ans, d’observer un conflit toujours sans solution politique acceptée par les parties.



