Nos précieux deniers publics!
Depuis quelques jours, les auditions des commissions d’ enquêtes parlementaires consacr
Depuis quelques jours, les auditions des commissions d’ enquêtes parlementaires consacrées à la gestion des deniers publics nous plongent dans une réalité pour le moins troublante.
En direct à la télévision, les Sénégalais découvrent, médusés, les explications parfois déconcertantes d’hommes et de femmes qui ont occupé de hautes fonctions et engagé des milliards de francs CFA appartenant au contribuable.
Marchés publics, procédures financières, conformité juridique, traçabilité des fonds, justification des dépenses…..
Autant de questions qui révèlent, à travers les réponses apportées, une légèreté inquiétante face aux responsabilités exercées.
Comment peut-on gérer des milliards sans être en mesure d’en justifier clairement l’utilisation ? Les diplômes et les titres prestigieux ne garantissent ni la compétence ni la rigueur. Les hautes fonctions sont avant tout des responsabilités qui exigent probité, méthode et obligation de rendre compte.
Bien entendu, les personnes auditionnées bénéficient de la présomption d’innocence. Une commission d’ enquête parlementaire n’est pas un tribunal…
Une commission d’enquête parlementaire cherche à comprendre, à éclairer les citoyens et à exercer le contrôle parlementaire dans le respect de ses prérogatives.
Mais voilà que certains responsables déclinent les invitations à comparaître, contestant la compétence de ces commissions d’enquêtes parlementaires en présentant les auditions comme de simples manœuvres politiques.
Lorsqu’on a exercé de hautes responsabilités publiques, rendre compte ne devrait pas être une humiliation, mais un devoir républicain. Si une contestation juridique est légitime, elle doit emprunter les voies appropriées. Elle ne saurait servir de prétexte pour discréditer systématiquement toute démarche de contrôle.
Après la danse des loups, voici donc les rats qui semblent sortir des égouts !
Cela dit, la conduite de ces auditions n’est pas exempte de critiques. Certains députés gagneraient à mieux maîtriser leurs dossiers, à poser des questions plus précises et à éviter les digressions ou les jugements de valeur. Le contrôle parlementaire exige de la rigueur, une préparation approfondie et une véritable maîtrise des enjeux financiers et juridiques.
Malgré ces imperfections, ces auditions constituent une avancée importante pour la démocratie sénégalaise. Elles permettent aux citoyens de mieux comprendre comment leur argent a été géré et rappellent aux responsables publics qu’aucune fonction ne devrait les soustraire à l’obligation de rendre compte.
Elles sont également une école de responsabilité pour tous ceux qui aspirent à exercer demain des fonctions de haut niveau. Avant de signer un marché, d’engager des milliards ou d’autoriser une dépense publique, il faudra désormais mesurer la portée de ses décisions et être capable de les justifier.
Les postes de responsabilité ne sont pas seulement des privilèges et des honneurs. Ils impliquent des devoirs, une éthique et une obligation de transparence.
La véritable rupture ne consiste pas uniquement à changer les hommes et les femmes au pouvoir, mais à transformer les pratiques et les mentalités.
L’argent public appartient au peuple. Le peuple a donc le droit de savoir comment il est utilisé.
Ady Diop ( Hollande)



