Au moins 95 personnes sont mortes à la suite de crues soudaines accompagnées de coulées de boue et de roches au Népal, qui ont emporté des villages et endommagé des routes mercredi dans une région limitrophe du Tibet. Les autorités craignent un bilan plus lourd encore. Plus de 400 touristes sont portés disparus.
Dans un premier bilan, un porte-parole de la police népalaise avait fait état de 19 corps retrouvés et de « nombreux membres de notre force [de police] injoignables ». Elle a diffusé des images d’une vague de boue emportant maisons, routes et véhicules sur son passage.
Quelque 403 touristes – dont 341 étrangers – étaient portés disparus plusieurs heures après la catastrophe, selon le ministère de la Culture et du Tourisme, précisant que les autorités s’efforçaient de vérifier où se trouvaient ces voyageurs.
La représentation suisse à Katmandou est en contact avec les autorités compétentes sur place, a indiqué le DFAE. A l’heure actuelle, la Confédération « ne dispose d’aucune information concernant d’éventuelles victimes suisses. Des vérifications sont en cours ».
La crue a frappé Syabrubesi, point de départ du célèbre trek du Langtang, et d’autres zones fréquentées par les voyageurs pour le pèlerinage hindou vers le Kailash Mansarovar.
Un séisme pourrait en être la cause
Selon les premiers rapports, un séisme dans la région aurait pu déclencher une avalanche et provoquer les inondations, a déclaré mercredi le ministre népalais des Affaires étrangères, Shisir Khanal, devant le Parlement, cité par les médias locaux.
L’armée a annoncé avoir dépêché sur place des hommes et des hélicoptères. « Le travail d’évaluation des dégâts est en cours », a-t-elle indiqué. L’Autorité de gestion de l’électricité a pour sa part rapporté des dégâts sur plusieurs de ses installations locales, notamment des barrages et des centrales solaires, et fait état de « coupures d’électricité ».
Le Premier ministre népalais Balendra Shah a indiqué avoir convoqué une réunion d’urgence de l’Autorité nationale en charge de la gestion des situations d’urgence. « Le travail a débuté pour prendre les mesures nécessaires en coordination avec les équipes médicales, de recherche et la Croix-Rouge », a-t-il indiqué sur X.

La Chine aussi touchée
La Chine n’a pas été épargnée. Les autorités chinoises ont fait état pour leur part d’un premier bilan de 3 morts et 265 disparus à la suite d’une coulée de boue dans la région de Gyirong, dans la région du Tibet (nord-ouest du pays). Situé dans l’Himalaya, il s’agit d’un point de passage terrestre majeur entre les deux pays.
Des images diffusées par la télévision publique chinoise CCTV montrent des eaux tumultueuses charriant des branches et des débris, ainsi qu’une route inondée. Les autorités ou les médias officiels n’ont encore communiqué aucun bilan humain précis.
« La priorité absolue est la mobilisation de tous les moyens pour rechercher et secourir les personnes disparues, évacuer et reloger les habitants en danger, soigner rapidement les blessés et réduire au maximum le nombre de victimes », a indiqué le président chinois Xi Jinping cité par l’agence Chine nouvelle. Le chef de l’Etat ne s’exprime généralement après des catastrophes que lorsque le bilan humain est lourd.