Côte d’Ivoire : six cadres du PPA-CI convoqués en dix jours devant le même cabinet antiterroriste
Cinq cadres du Parti des peuples africains-Côte d'Ivoire ont reçu le 14 octobre des convocations devant le 8e cabinet de la section antiterroriste du tribunal de première instance d'Abidjan, à des dates échelonnées jusqu'au 23 octobre. Deux jours plus tôt, le président du Conseil stratégique et politique du parti, Sébastien Dano Djédjé, avait été placé sous contrôle judiciaire par la même juridiction.
Cinq cadres du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire ont reçu le 14 octobre des convocations devant le 8e cabinet de la section antiterroriste du tribunal de première instance d’Abidjan, à des dates échelonnées jusqu’au 23 octobre. Deux jours plus tôt, le président du Conseil stratégique et politique du parti, Sébastien Dano Djédjé, avait été placé sous contrôle judiciaire par la même juridiction.
Le déroulé de cette procédure mérite d’être suivi pas à pas. La convocation de Dano Djédjé a été déposée le vendredi 9 octobre au siège du parti, émanant du vice-président du tribunal d’Abidjan-Plateau, doyen des juges d’instruction, en charge du 8e cabinet. L’ancien ministre s’est présenté le lundi 12 octobre à la section antiterroriste, située à Cocody-Angré, dans le secteur de la 7e Tranche. Après plusieurs heures d’audition, il a regagné son domicile sous contrôle judiciaire. Les motifs n’ont pas été rendus publics par la justice.
Ce sont donc six responsables du même parti qui passent devant le même cabinet d’instruction en l’espace de dix jours. Le premier des cinq, Emmanuel Ackah, était attendu le vendredi 16 octobre à midi. Le parti relève que plusieurs des cadres concernés ont participé à la structuration du Front commun, l’alliance qu’il a formée avec le Parti démocratique de Côte d’Ivoire.
La direction du PPA-CI dénonce un plan visant à affaiblir son encadrement et juge ces procédures préjudiciables au climat sociopolitique, en appelant à la reprise du dialogue. Elle rappelle par ailleurs que Laurent Gbagbo lui-même avait été convoqué pour le 10 septembre, sans que cette convocation ait connu de suite à la date de sa déclaration.
Le quatrième vice-président et porte-parole du parti, Justin Koné Katinan, se trouve en détention, ce que le PPA-CI avait qualifié d’enlèvement institutionnel. Dano Djédjé avait précisément succédé à Katinan à la présidence du Conseil stratégique et politique lors de la réorganisation de la direction, en août.
Deux éléments manquent pour juger ce dossier sur pièces, et leur absence est le fait de la justice ivoirienne. Aucun chef d’accusation n’a été officiellement communiqué, et le parquet d’Abidjan comme la section antiterroriste s’abstiennent de toute déclaration publique. La presse ivoirienne rattache ces procédures aux événements du scrutin présidentiel d’octobre 2025, sans qu’aucune source judiciaire ne le confirme.
Le recours à une section antiterroriste pour instruire des faits liés à une période électorale n’est pas une question de procédure secondaire. Cette qualification ouvre des délais de garde à vue et des régimes de détention distincts du droit commun, et elle fixe, avant tout débat au fond, la nature des faits reprochés. Les prochaines auditions se tiennent jusqu’au 23 octobre.



