SÉNÉGAL-Prisons : 418 recrutements annoncés, quatre mois après une circulaire ordonnant de désengorger
Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Me Moussa Sarr, a annoncé le jeudi 29 octobre 2026 à Dakar l’autorisation de recruter 418 agents de l’Administration pénitentiaire au titre de 2026, dont 400 surveillants. L’annonce est intervenue à l’ouverture d’une conférence régionale sur la réinsertion, organisée avec la Fondation allemande pour la coopération juridique internationale et l’École nationale d’Administration pénitentiaire.
Quatre corps concernés, quatre pays représentés
Le contingent se répartit en 400 surveillants, dix agents administratifs, six contrôleurs et deux inspecteurs. Le gouvernement a autorisé ces recrutements, destinés à alléger la charge du personnel et à renforcer l’encadrement des personnes détenues. Outre le Sénégal, la conférence a réuni des représentants de l’Allemagne, du Maroc, de la Tunisie et de l’Algérie. « Punir ne signifie donc pas renoncer à reconstruire », a déclaré le garde des Sceaux.
Treize mille six cent quatre-vingt-cinq détenus pour neuf mille sept cent soixante-huit places
Un rapport de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie publié en janvier 2026 recense 13 685 détenus en 2024 pour une capacité d’accueil réelle de 9 768 places réparties sur trente-sept établissements, soit un taux d’occupation de 140 %. La population carcérale est passée de 11 675 en 2021 à 12 550 en 2022, puis 12 910 en 2023, soit 2 010 détenus de plus en trois ans. Les taux d’occupation bien plus élevés qui circulent sont calculés sur la capacité théorique des bâtiments et non sur cette capacité réelle, ce qui explique des écarts allant du simple au double.
Une circulaire de juillet attendait déjà des effets
En juillet 2026, le même ministre avait adressé aux parquets une circulaire ordonnant un usage plus encadré des mandats de dépôt, l’exclusion de la détention dans les litiges civils et commerciaux portant sur des dettes, la recherche de solutions alternatives en matière d’escroquerie et d’abus de confiance lorsque la victime accepte des garanties d’indemnisation, le recours à la mise en liberté d’office, l’accélération du placement sous surveillance électronique et la transmission de rapports réguliers au ministre.
Le volet formation s’appuie sur des activités de boulangerie, de mécanique, de couture et d’agriculture, ainsi que sur des terres mises à disposition dans le nord du pays pour la riziculture, dont la superficie n’a pas été précisée. Des discussions sont engagées avec le ministère de l’Enseignement supérieur pour l’inscription des détenus bacheliers à l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane.
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