SÉNÉGAL -Moody’s abaisse la note à « Ca » pendant que le budget rectificatif, condition du programme du FMI, reste entre les mains de la commission

SÉNÉGAL -Moody's abaisse la note à « Ca » pendant que le budget rectificatif, condition du programme du FMI, reste entre les mains de la commission

Moody’s a abaissé le 29 octobre 2026 la note en devises du Sénégal de « Caa2 » à « Ca », cinquième dégradation consécutive. La même semaine, la loi de finances rectificative 2026, condition du programme de 2,2 milliards de dollars négocié avec le Fonds monétaire international, était rejetée en commission puis renvoyée devant elle. Le parti qui l’a bloquée détient 130 des 165 sièges.

Deux crans de plus

Le mouvement franchit Caa3 sans étape. Sur l’échelle de l’agence, « Ca » désigne des obligations en défaut ou très près de l’être. La dégradation ne porte que sur la dette en devises, et l’agence attend des pertes plus élevées pour les créanciers privés extérieurs, environ 5 milliards de dollars d’eurobonds entrant dans le périmètre du traitement. Si la perspective remonte de négative à stable, c’est que Dakar entend exclure sa dette en francs CFA placée sur le marché régional, détenue surtout par des banques de la zone, l’appartenance à l’UEMOA limitant le risque de change.

Rejet en commission, puis renvoi

Le 19 octobre, Ousmane Sonko, président de Pastef et président de l’Assemblée nationale, annonçait que son parti ne voterait pas le texte en l’état, mettant en cause la baisse des budgets sociaux et de l’investissement et la réduction des subventions pétrolières. La commission des Finances et du Contrôle budgétaire a ensuite écarté le projet de loi numéro 40/2026 et les deux amendements du gouvernement. Le 27 octobre en plénière, le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a obtenu le renvoi du texte sur le fondement de l’article 84 du règlement intérieur. Sonko, qui présidait, a répondu : « Nous prenons acte de votre demande, qui est de droit. »

Un programme suspendu

Le texte retient un déficit de 7,6 % du PIB et une croissance de 2,7 % pour 2026. L’accord technique du 1er septembre avec les services du Fonds porte sur 2,2 milliards de dollars sur trois ans et attend le conseil d’administration. La dette publique atteignait environ 132 % du PIB à fin 2024 pour l’ensemble du secteur public.

Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô a appelé les députés à voter le texte et dit avoir pris contact avec Sonko : « Il n’y a pas de raison de parler de mardi noir. » Deux dates diront la suite, celle du nouvel examen en commission et celle du conseil du Fonds.

Africa7Media/ Bokar Kambel

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