SÉNÉGAL-Artisanat : le chef de l’État reçoit les 14 Chambres de métiers, sans un chiffre public sur le secteur
Le président Bassirou Diomaye Faye a reçu le mardi 27 octobre, au Palais de la République, les présidents des quatorze Chambres de métiers réunies au sein de l'Union nationale des Chambres de métiers, que dirige Insa Dieye. L'artisanat y a été présenté comme « une force essentielle
Le président Bassirou Diomaye Faye a reçu le mardi 27 octobre, au Palais de la République, les présidents des quatorze Chambres de métiers réunies au sein de l’Union nationale des Chambres de métiers, que dirige Insa Dieye. L’artisanat y a été présenté comme « une force essentielle de notre souveraineté économique ». Aucune donnée chiffrée n’a accompagné l’audience.
Les échanges ont porté sur la formation des artisans, la formalisation de leurs activités et l’accès au financement, selon une note de la présidence. Le chef de l’État a inscrit le secteur dans la Vision Sénégal 2050 et s’est engagé à accompagner les Chambres de métiers. Ces établissements publics sont implantés dans chaque région et encadrent notamment les ateliers de menuiserie, de couture, de mécanique et de bijouterie.
Un projet de modernisation sans échéance publiée
Le ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, dirigé par Alpha Thiam, a salué le 28 octobre les engagements présidentiels. Il situe l’audience dans le prolongement d’une séance de travail ministérielle du 8 octobre et réaffirme la mise en œuvre du Projet prioritaire de modernisation du secteur artisanal, conduit en synergie avec l’Union nationale. Celui-ci prévoit la formation des jeunes apprentis, l’accompagnement à la formalisation, l’accès au financement, la création de Pôles d’Excellence et de Créativité Artisanale et la promotion du Made in Sénégal. Ni montant, ni calendrier, ni cible numérique n’accompagnent ces cinq axes.
Le premier employeur du pays reste mal mesuré
Le ministère qualifie l’artisanat de premier employeur du Sénégal. Aucune statistique n’a été publiée à l’appui de cette qualité lors de l’audience. L’affirmation selon laquelle le secteur ferait vivre entre 7 et 7,5 millions de personnes, avancée durant la campagne présidentielle de 2024, a été examinée par Africa Check, qui l’a jugée non prouvée.
Pour les Chambres de métiers, l’enjeu immédiat porte sur la formalisation. Un artisan non enregistré n’accède ni au crédit bancaire, ni à la commande publique, ni à la protection sociale, et il demeure absent des bases de données qui permettraient de dimensionner les programmes publics. La formalisation conditionne ainsi les deux autres priorités affichées.
Deux documents mesureront la suite : la dotation du Projet prioritaire de modernisation dans la prochaine loi de finances, et le nombre d’artisans inscrits par les quatorze Chambres de métiers.
Africa7Media


