Sénégal : dans la santé, 7 milliards débloqués pour 1 111 agents, 8,8 milliards encore à l’étude pour 7 365
Le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, le Dr Ibrahima Sy, a appelé le lundi 19 octobre les syndicats de son secteur à lever leur mot d’ordre de grève des 21, 22 et 23 octobre. Un dossier reste ouvert, celui de l’indemnité de logement, et son montant est connu : 8,8 milliards de francs CFA pour 7 365 agents.
Le ministre a présenté un état d’avancement chiffré. L’État a autorisé le recrutement de 2 500 agents, dont 80 % destinés au personnel médical et de soins et 20 % aux fonctions de support, processus à finaliser d’ici la fin du mois. Une nouvelle demande porte sur 3 000 agents supplémentaires. S’y ajoutent l’intégration de 1 111 agents issus des programmes sanitaires ISMEA et Teranga, pour une enveloppe supplémentaire de 7 milliards de francs CFA, le recrutement de 270 sages-femmes avec l’appui financier de la Banque mondiale, et 878 demandes de reclassement de techniciens supérieurs de santé non fonctionnaires déjà traitées après l’adoption du décret correspondant.
Mettre ces deux montants côte à côte éclaire le différend mieux que toute déclaration. Sept milliards ont été engagés pour intégrer 1 111 agents. Huit virgule huit milliards sont demandés pour étendre l’indemnité de logement à 7 365 agents, soit près de sept fois plus de personnes pour un montant supérieur d’un quart. Le second dossier est à l’étude à la Direction générale du Budget, qui examine les possibilités d’une prise en charge progressive compatible avec les capacités financières de l’État.
Les agents concernés sont essentiellement des contractuels du ministère et des établissements publics de santé. Aucune décision de financement intégral n’a été annoncée au cours du point de presse, et la formule de prise en charge progressive laisse ouverte la durée de l’étalement.
Le ministre a avancé un autre chiffre pour défendre sa méthode : près de quatre-vingt-dix rencontres avec les partenaires sociaux en deux ans. Un projet de protocole d’accord est en cours de finalisation avec plusieurs organisations, et une nouvelle rencontre est prévue sous l’égide du ministère de la Fonction publique. Quatre-vingt-dix réunions sans protocole signé est un bilan que les deux parties peuvent lire en sens opposé.
« Nous mesurons les difficultés que les perturbations des soins occasionnent aux patients et à leur famille », a déclaré Ibrahima Sy, avant d’appeler les partenaires sociaux à préserver l’accès des populations aux soins et à lever leur mot d’ordre. Il a assuré que le maintien des soins d’urgence sur l’ensemble du territoire restait une priorité.
Ce point de presse faisait partie d’une séquence interministérielle sur le climat social, tenue à la veille de la grève générale de soixante-douze heures décrétée par le Front syndical pour la défense du Sénégal.



