Afrique : la Banque mondiale relève sa prévision à 4,3 %, et annonce une inflation médiane de 5,5 %

La Banque mondiale attend 4,3 % de croissance en Afrique subsaharienne en 2026, après 4,1 % en 2025, et relève ses prévisions pour près des trois quarts des pays de la région. Le même rapport, publié le 6 octobre, annonce une inflation médiane de 5,5 %. Les assemblées annuelles du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale s'ouvrent ce lundi 12 octobre à Bangkok

La Banque mondiale attend 4,3 % de croissance en Afrique subsaharienne en 2026, après 4,1 % en 2025, et relève ses prévisions pour près des trois quarts des pays de la région. Le même rapport, publié le 6 octobre, annonce une inflation médiane de 5,5 %. Les assemblées annuelles du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale s’ouvrent ce lundi 12 octobre à Bangkok.

Les deux chiffres doivent se lire ensemble. Une croissance de 4,3 % sur un continent dont la population augmente d’environ 2,5 % par an laisse peu de marge, et une inflation médiane à 5,5 % en absorbe une partie dans le panier des ménages. La Banque elle-même prévient que ce rythme ne suffira pas à faire reculer sensiblement l’extrême pauvreté ni à créer les emplois nécessaires. Une prévision relevée compare deux estimations faites à des dates différentes, elle ne décrit pas une accélération. En avril, la Banque avait abaissé ses projections régionales après les perturbations du détroit d’Ormuz, par où transite près de 20 % du pétrole mondial, qui avaient renchéri le carburant et les engrais pour les pays importateurs.

Les assemblées se tiennent au Centre national de conventions Reine Sirikit jusqu’au 18 octobre, avec plus de 15 000 délégués venus de 191 pays membres. Elles quittent Washington une année sur trois. Le Fonds présente le 13 octobre ses Perspectives de l’économie mondiale, intitulées « Resilience under Strain, Urgent Choices », son département Afrique tient son point de presse le 15, le Comité du développement se réunit le même jour et la plénière se tient le 16. La mise à jour régionale de la Banque consacrée à l’Afrique porte cette année sur la préparation du continent à l’intelligence artificielle.

Pour Dakar, le rendez-vous arrive avec un dossier précis et inachevé. Le 1er septembre, à l’issue d’une mission conduite du 19 août au 1er septembre par Mercedes Vera Martin, les services du Fonds et les autorités sénégalaises sont parvenus à un accord au niveau des services sur une facilité élargie de crédit de 36 mois portant sur 1 537,1 millions de droits de tirage spéciaux, soit environ 2,2 milliards de dollars et 475 % de la quote-part du pays, pour la période 2026-2029.

Ce qui est acquis s’arrête là, et la nuance est de taille. Un accord au niveau des services n’est ni un prêt approuvé ni un décaissement. Il doit recevoir l’aval de la direction du Fonds puis de son conseil d’administration. Trois conditions l’encadrent : des mesures correctives au soutien d’une demande de dérogation liée aux déclarations erronées sur la dette, des assurances de financement de la part des partenaires, et la mise en œuvre du programme de réformes annoncé. Le même 1er septembre, le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan lançait son Plan de traitement de la dette. Trois jours plus tôt, le 28 août, Moody’s abaissait la note souveraine du Sénégal à Caa2.

D’autres dossiers africains avançaient dans les jours qui ont précédé l’ouverture. Le Fonds a annoncé le 8 octobre un accord au niveau des services de 203 millions de dollars sur 38 mois avec le Niger, puis le 9 octobre un projet de programme de 1,472 milliard de dollars sur trois ans avec la Zambie. Le ministre burkinabè des Finances, Aboubakar Nacanabo, est attendu le 15 octobre à une discussion sur la sécurité alimentaire avec ses homologues de Djibouti et de Somalie.

La semaine qui s’ouvre produira donc beaucoup d’annonces, et la grille de lecture tient en une distinction. Un accord au niveau des services engage des négociateurs, une décision du conseil d’administration engage l’institution, et un décaissement seul fait entrer l’argent. Les trois se suivent rarement au même rythme.


Alioune Ndiaye

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