Angola : TAAG prend la présidence des compagnies d’Afrique australe et se pose à Dakar le 31 octobre

Jaime Miguel Ferreira Carneiro, patron de TAAG Angola Airlines, a été élu le 10 octobre à Maurice à la présidence de l’Association des compagnies aériennes d’Afrique australe, pour douze mois. L’Angola accueillera l’assemblée suivante en octobre 2027. Et dans trois semaines, le 31 octobre, un appareil de la compagnie angolaise se posera à Dakar pour la première fois.

Le Dr Bao Mosinyi, directeur général d’Air Botswana, devient vice-président. L’assemblée de Maurice, la cinquante-sixième, a réuni plus de deux cents délégués, compagnies, aéroports, prestataires de navigation aérienne, régulateurs, avionneurs et motoristes, sous le parrainage d’Airlink et de South African Airways. L’AASA existe depuis 1970 et compte quinze compagnies membres et quarante-deux membres associés. Elle porte la voix des transporteurs de la zone SADC là où se décident les redevances, les règles de sûreté et les investissements d’infrastructure, mais elle ne délivre aucun droit de trafic et ne signe aucun accord bilatéral. Une présidence d’association donne une tribune, et les tribunes ne remplissent pas les avions.

Carneiro arrive d’ailleurs à cette tribune très récemment installé dans son propre fauteuil. Les actionnaires l’ont nommé président de la Commission exécutive de TAAG le 12 juin 2026, en remplacement de Nelson Pedro Rodrigues de Oliveira. Il dirigeait le commercial de la compagnie depuis décembre 2023. Quatre mois de mandat, donc, au moment où ses pairs d’Afrique australe lui confient leur porte-parole.

Et c’est précisément le chantier interne qui rend l’élection intéressante. TAAG a bouclé 2025 sur 437 millions de dollars de recettes et une perte nette de 144,6 millions, pour 1,26 million de passagers transportés, soit 0,8 % de mieux qu’en 2024, vingt-six destinations et trente-deux appareils en ligne. La compagnie a investi 411 millions de dollars dans l’année et recruté 275 personnes, pilotes, personnel navigant commercial et techniciens. Clóvis Rosa, président du conseil d’administration, a présenté ces comptes le 22 mai dernier à Luanda.

Le montant de la perte compte moins que son sens de variation. En décembre 2025, Carneiro, alors directeur commercial, expliquait à Aviation Week que le déficit annuel était descendu de plus de 250 millions de dollars à environ 120 millions en 2024, avec un retour au résultat net positif visé pour 2028. L’exercice 2025 a cassé cette pente. Luanda l’attribue au renouvellement de la flotte autour du Boeing 787-9 et de l’Airbus A220-300, au déménagement vers le nouvel aéroport et à la remise en état de systèmes informatiques frappés par une cyberattaque. Ce sont des explications recevables, et elles valent pour un exercice, pas pour deux.

Le lecteur attentif aux communiqués relèvera au passage un flottement. Celui du 10 octobre annonce douze destinations intérieures et treize internationales. Celui d’août disait l’inverse, treize intérieures et douze internationales. Les comptes 2025 parlent de vingt-six au total. Une compagnie qui se présente comme future plateforme de correspondance du continent gagnerait à publier des chiffres qui ne bougent pas d’un communiqué à l’autre.

Reste la nouvelle qui concerne directement Dakar. TAAG ouvre le 31 octobre sa ligne Luanda-Dakar-Praia, dans la première semaine de la saison IATA hiver 2026-2027, lancée le 25 octobre. L’ANAC angolaise a reçu de l’ANACIM sénégalaise la confirmation officielle autorisant la compagnie à exploiter des services commerciaux, et Praia revient au réseau après une dizaine d’années d’absence. Le Sénégal, lui, y entre pour la première fois.

TAAG place elle-même cette ouverture sous la Décision de Yamoussoukro et le marché unique africain du transport aérien. L’intention est vieille comme le continent. Yamoussoukro a été adoptée en 1999, est entrée en vigueur en 2002, le marché unique a été lancé en 2018, et les liaisons transversales entre l’Afrique australe et l’Afrique de l’Ouest se comptent toujours sur les doigts d’une main. La majorité des passagers entre Luanda et Dakar transitent aujourd’hui par Addis-Abeba, Nairobi, Casablanca ou une escale européenne. Air Afrique assurait autrefois ces transversales avec un pavillon multinational que personne n’a remplacé depuis sa liquidation en 2002. La ligne comble donc un trou réel, et elle héritera des raisons qui l’ont creusé.

Le fret suit la même logique nord-sud. TAAG Cargo a ouvert une rotation hebdomadaire vers Lusaka en Boeing 737-800 Freighter, dont le vol inaugural a emporté 12,8 tonnes de marchandises à forte valeur en provenance d’Amsterdam.

Trois indicateurs diront si l’influence institutionnelle se traduit en trafic, et aucun ne dépend d’une assemblée générale. Le coefficient de remplissage des deux tronçons, Luanda-Dakar et Dakar-Praia, que TAAG ne publie pas. La part de correspondance à Luanda face au trafic de point à point, qui sépare une escale d’un hub. Et le résultat net de l’exercice 2026, attendu au printemps prochain. Africa7 sera au premier vol du 31 octobre.


Alioune Ndiaye

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