Sénégal : l’AIBD à 98 % de sa capacité, et un protocole d’extension signé avec une société de cinquante salariés

La cérémonie s'est tenue à la direction générale d'AIBD SA, en présence de son directeur général Cheikh Mamadou Abiboulaye Dièye, du directeur des infrastructures aéroportuaires Badara Diop, des responsables d'Air Dynamics Solutions Waleed Al Heimeiri et Salman Alamoudi, ainsi que de l'ambassadeur des Émirats arabes unis au Sénégal, Saeed Hamdan Mohammed Al Naqbi. L'extension envisagée concerne l'aérogare passagers et les installations de fret.

L’Aéroport international Blaise Diagne a accueilli 2,939 millions de passagers en 2025, soit près de 98 % de sa capacité initiale fixée à trois millions. Pour préparer son agrandissement, AIBD SA, la Direction des infrastructures aéroportuaires et la société émiratie Air Dynamics Solutions ont signé le mercredi 30 septembre un protocole d’accord. Il porte sur une proposition technique préliminaire et un plan de financement.

La cérémonie s’est tenue à la direction générale d’AIBD SA, en présence de son directeur général Cheikh Mamadou Abiboulaye Dièye, du directeur des infrastructures aéroportuaires Badara Diop, des responsables d’Air Dynamics Solutions Waleed Al Heimeiri et Salman Alamoudi, ainsi que de l’ambassadeur des Émirats arabes unis au Sénégal, Saeed Hamdan Mohammed Al Naqbi. L’extension envisagée concerne l’aérogare passagers et les installations de fret.

Le chiffre de 98 % dit l’urgence, et il faut comprendre ce qu’il recouvre. La capacité d’une aérogare ne se mesure pas au nombre de sièges, mais aux débits : comptoirs d’enregistrement, postes de contrôle de sûreté, aubettes de police, tapis de livraison, salles d’embarquement, postes de stationnement avion. Un terminal atteint sa limite quand l’un de ces maillons sature aux heures de pointe, même si le bâtiment paraît vide le reste de la journée. Les files d’attente apparaissent bien avant les cent pour cent de la capacité annuelle théorique.

Pour une plateforme ouverte en décembre 2017, atteindre son plafond en huit ans n’a rien d’un échec. C’est le signe d’une croissance que le dimensionnement initial n’avait pas anticipée, et le mouvement est partagé par plusieurs aéroports de la région. Décider de l’extension maintenant est cohérent, puisqu’un chantier d’aérogare se compte en années entre les études et la mise en service.

Le fret, l’autre moitié du sujet

Le volet fret mérite autant d’attention que celui des passagers, et il en reçoit beaucoup moins.

Les exportations sénégalaises par avion portent sur des produits qui ne supportent pas l’attente : poisson, produits horticoles, fleurs. Leur acheminement suppose une chaîne du froid continue depuis le conditionnement jusqu’à la soute, des quais réfrigérés, des capacités de scannage adaptées aux palettes et des procédures douanières rapides. Une gare de fret sous-dimensionnée se traduit directement par de la marchandise perdue et par des exportateurs qui renoncent.

C’est aussi la condition pour attirer des opérateurs cargo réguliers, qui choisissent leurs escales en fonction des temps de traitement au sol. Dans une région où plusieurs plateformes se disputent le rôle de hub ouest-africain, ce sont ces détails d’exploitation qui décident, bien plus que les annonces.

Qui construit, et qui paie

Le protocole signé mercredi n’est pas un contrat de travaux. Il engage les parties à produire une proposition technique préliminaire et un schéma de financement. Ni le coût, ni le calendrier, ni le montage financier ne sont connus. Ces informations détermineront la portée réelle de l’opération.

Deux points appellent des précisions, et ils ne mettent en cause personne.

Le premier concerne le partenaire. Air Dynamics Solutions, établie à Abu Dhabi, se présente sur ses propres supports comme un fournisseur de solutions de chaîne d’approvisionnement et de modernisation, actif dans la fourniture de pièces, la gestion de réparation de composants, le soutien aux forces terrestres et aux activités maritimes, auxquels s’ajoutent le conseil et la gestion de projet. Les répertoires d’entreprises la situent entre dix et cinquante salariés. Rien n’interdit à une telle société de produire une étude préliminaire, et le conseil figure bien dans son offre. Reste qu’une extension d’aérogare se chiffre en dizaines ou centaines de milliards de francs CFA, et que le plan de financement qui sortira de ce protocole devra désigner les bailleurs et les constructeurs qui prendront le relais.

Le second concerne la gouvernance de la plateforme. L’aérogare passagers de Diass est exploitée dans le cadre d’une concession, par une société dont le compte rendu de la cérémonie ne mentionne pas la présence parmi les parties signataires. Agrandir un terminal dont l’exploitation est concédée suppose d’articuler le projet avec le contrat de concession, ses obligations d’investissement et son échéance. C’est une question technique autant que juridique, et la réponse conditionne la faisabilité du calendrier.

AIBD SA inscrit l’opération dans la vision Sénégal 2050 et dans l’ambition de renforcer la place de la plateforme dans le réseau aérien régional. L’intention est juste et l’échéance pertinente. Elle se jugera sur trois documents que l’État peut rendre publics : la proposition technique une fois remise, le plan de financement avec l’identité des bailleurs, et le calendrier de réalisation. Un protocole ouvre un dossier. Ce sont ces pièces qui le referment.


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