SÉNÉGAL -Ansoumana Dione annonce un titre honorifique à Bangui et reproche à l’État sénégalais de ne pas le soutenir

Le président de l’Association sénégalaise pour le suivi et l’assistance aux malades mentaux fait état d’un titre de docteur honoris causa décerné le 18 mai 2026 par un institut établi en Côte d’Ivoire, et d’une cérémonie de remise fixée au 27 novembre à Bangui. Deux proverbes courent sur son cas, celui du prophète qu’on ne reconnaît pas chez soi et celui des fréquentations qui disent ce que l’on est.

Une association née en 2000 à Rufisque

L’ASSAMM a été créée le 1er août 2000 à Rufisque. Son fondateur fait remonter son engagement à 1983, après la maladie de son frère aîné. Reçu par le ministre de la Justice sur les conditions de détention des personnes souffrant de troubles mentaux, il est intervenu dans l’affaire Azoura Fall, sur un possible internement abusif à l’hôpital de Thiaroye, où il demande un pavillon spécialisé pour les détenus malades et la disponibilité des médicaments psychotropes. Le 10 octobre 2026, il a dénoncé son exclusion des activités sénégalaises de la Journée mondiale de la santé mentale et sollicité une audience auprès du président Bassirou Diomaye Faye. Un centre porte son nom à Bouchra, dans la région de Kaolack, et il en réclame la gestion au nom de son association, ce qui fait l’objet d’un différend. Après vingt-cinq ans d’activité et plusieurs audiences ministérielles, il n’est pas un marginal dans l’espace public sénégalais.

Un titre décerné par un institut basé en Côte d’Ivoire

L’intéressé indique que la distinction lui a été accordée par l’Institut africain de recherche pluridisciplinaire appliquée, que la cérémonie se tiendra dans un hôtel de Bangui sous la présidence du chef de l’État centrafricain, et que son nom sera ensuite inscrit au Journal officiel centrafricain. Cet institut décerne des doctorats honoris causa à des personnalités publiques de plusieurs pays, lors de cérémonies tenues à Abidjan, Dakar et Antananarivo. Sa reconnaissance par un ministère de l’Enseignement supérieur n’a pas pu être établie dans les sources publiques consultées, et la présidence de la cérémonie comme l’inscription au Journal officiel reposent sur la seule annonce de l’intéressé.

Moins de quarante psychiatres pour dix-huit millions d’habitants

Le Sénégal comptait 34 psychiatres pour quatorze millions d’habitants en 2019, soit un pour 412 000 personnes, et moins de quarante pour environ dix-huit millions en avril 2025. Sept régions sur quatorze disposent d’une structure psychiatrique. Six à sept cents nouveaux patients enfants arrivent chaque année pour un seul pédopsychiatre. La professeure Aïda Sylla, chef du service de psychiatrie de l’hôpital de Fann, déclare : « Nous bricolons pour ramener les patients à un état acceptable ». La loi qui encadre la santé mentale date de 1975, et le Premier ministre a demandé le 10 avril 2025 des propositions de réforme avant la fin du mois d’août. Le dispositif d’inclusion fonctionne par ailleurs : 98 126 cartes d’égalité des chances, qui ouvrent l’accès aux bourses de sécurité familiale, à la couverture maladie universelle et au transport, avaient été délivrées au 14 janvier 2025, selon le directeur de la promotion et de la protection des personnes handicapées, Mamadou Lamine Faty.

La réforme de la loi de 1975 n’a pas été publiée à ce jour, et le différend sur la gestion du centre de Bouchra reste ouvert.

Africa7Media: Alioune NDIAYE

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