Migrations : les orpailleurs burkinabè quittent la Guinée, Bamako et Ouagadougou s’organisent
Depuis la fin octobre, des ressortissants étrangers, en majorité burkinabè, quittent les zones aurifères de Siguiri, dans le nord-est de la Guinée, après une vaste opération de sécurité contre l'orpaillage clandestin menée à Kouremalé, Djatéla et Bouré-Kourda. Le Mali confirme leur afflux à sa frontière, et le Burkina Faso envoie ce mercredi une délégation gouvernementale à Bamako pour organiser leur retour.
Depuis la fin octobre, des ressortissants étrangers, en majorité burkinabè, quittent les zones aurifères de Siguiri, dans le nord-est de la Guinée, après une vaste opération de sécurité contre l’orpaillage clandestin menée à Kouremalé, Djatéla et Bouré-Kourda. Le Mali confirme leur afflux à sa frontière, et le Burkina Faso envoie ce mercredi une délégation gouvernementale à Bamako pour organiser leur retour.
Un texte qui vise le statut, pas la nationalité
Le texte interministériel du 2 novembre, signé par cinq membres du gouvernement guinéen, décrète l’interdiction totale de l’exploitation anarchique de l’or à Siguiri et le déploiement permanent de l’armée, de la gendarmerie, de la police, des douanes et des services de conservation de la nature. Il prévoit la vérification de l’identité et de la régularité de séjour des personnes présentes sur les sites, les étrangers en situation irrégulière relevant alors des procédures prévues par la loi. Aucune mesure d’expulsion visant spécifiquement les Burkinabè n’y figure.
Conakry sanctionne aussi ses propres cadres
Le lendemain, le président Mamadi Doumbouya a radié vingt-deux administrateurs territoriaux de Siguiri, préfets et sous-préfets, civils et militaires, pour avoir favorisé cette exploitation illégale et la dégradation qui l’accompagne, cours d’eau pollués et terres cultivables détruites. Le décret ne mentionne aucune poursuite judiciaire à ce stade. Cette double séquence, armée dans les mines et sanction dans l’administration, n’est pas la première du genre : des vagues similaires avaient déjà poussé des orpailleurs burkinabè hors de Siguiri en 2017 et en 2019.
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