ITALIE: Dans une ordonnance de trente-sept pages, la juge écarte l’aggravante terroriste contre Youssef Siher, et Giorgia Meloni dénonce une décision « honteuse»

La juge des investigations préliminaires de Milan, Tiziana Landoni, a refusé le 28 octobre 2026 de valider la garde à vue de Youssef Siher, chercheur de trente ans administrateur du canal Telegram « Movimento 17 ottobre », sorti de la prison de San Vittore à 16h30. Le parquet demandait sa détention pour incitation à commettre des délits aggravée par une finalité terroriste. Giorgia Meloni a qualifié la décision de « honteuse », le tribunal de Milan et l'association des magistrats ont répliqué.

La juge des investigations préliminaires de Milan, Tiziana Landoni, a refusé le 28 octobre 2026 de valider la garde à vue de Youssef Siher, chercheur de trente ans administrateur du canal Telegram « Movimento 17 ottobre », sorti de la prison de San Vittore à 16h30. Le parquet demandait sa détention pour incitation à commettre des délits aggravée par une finalité terroriste. Giorgia Meloni a qualifié la décision de « honteuse », le tribunal de Milan et l’association des magistrats ont répliqué.

Ce que dit l’ordonnance

La juge a examiné un par un les messages publiés et conclu à l’absence de graves indices de culpabilité. Elle rappelle que l’incitation à commettre des délits est une infraction de danger concret et non présumé. La « déclaration de guerre » invoquée par l’accusation relève selon elle de critiques adressées à l’État, au gouvernement et aux médias. Elle écrit que la personne mise en cause n’envisage jamais le recours à des actions violentes. Les messages visaient « di promuovere la formazione di una coscienza collettiva » et non à intimider la population. L’aggravante terroriste est écartée.

Né en Italie, un point central du raisonnement

Sur le risque de fuite, l’ordonnance relève que l’intéressé est né en Italie, titulaire de documents réguliers et « radicato nel territorio dello Stato », enraciné sur le territoire. Le parquet, par la voix de la procureure Francesca Crupi, retenait l’incitation aggravée par la finalité terroriste et la violence organisée dans les cortèges, une infraction récente. Youssef Siher demeure mis en cause et bénéficie de la présomption d’innocence.

La réplique institutionnelle

Dans une vidéo diffusée sur ses réseaux, Giorgia Meloni a parlé d’« una decisione vergognosa » et d’une mortification insupportable du travail des forces de l’ordre, ajoutant ne pas savoir comment un État normal peut défendre les gens honnêtes « di fronte a queste decisioni di certa magistratura ». Le tribunal de Milan a opposé des « dichiarazioni politiche irricevibili » et l’Association nationale des magistrats a soutenu la juge. Des responsables de la majorité ont mis en avant sa signature d’un appel de juristes sur Gaza. Le canal Telegram avait été ouvert après les violences des 17 et 18 octobre à Milan, à l’issue desquelles 271 personnes avaient été conduites à la questure, dont 220 mineurs.

L’enquête se poursuit, et les suites dépendront des recours ouverts au parquet et de la requalification éventuelle des faits.

Africa7Media: Alioune NDIAYE

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