États-Unis : Donald Trump au plus bas de sa carrière à un mois des élections de mi-mandat
À un mois des élections de mi-mandat du 3 novembre, Donald Trump est tombé à 32 % d’opinions favorables, le niveau le plus bas jamais mesuré par Reuters et Ipsos sur l’ensemble de ses deux présidences. Le chiffre le plus révélateur se trouve pourtant ailleurs : pour la première fois, les électeurs républicains qui désapprouvent sa gestion du coût de la vie sont plus nombreux que ceux qui l’approuvent.
Le sondage a été mené du 17 au 20 septembre auprès de 1 277 adultes américains, avec une marge d’erreur d’environ trois points. L’approbation globale s’établit à 32 % et la désapprobation à 66 %, contre 35 % une semaine plus tôt. Chez les républicains, le soutien recule de 82 % à 73 % en sept jours. Dans un sondage du même institut réalisé dans les heures suivant sa prestation de serment en janvier 2025, le président recueillait 47 %.
Une mise en garde s’impose avant d’aller plus loin. Fin septembre, les moyennes établies à partir de l’ensemble des instituts situaient l’approbation autour de 36 %. Les 32 % mesurés ici constituent donc le point le plus bas de la fourchette, pas la position médiane. La tendance, elle, est partagée par tous les instituts.
Le prix de l’essence, et la guerre qui l’a fait monter
Sur la gestion du coût de la vie, 17 % des personnes interrogées approuvent l’action présidentielle. Au sein même du camp républicain, 51 % la désapprouvent contre 44 % qui l’approuvent, un rapport qui s’inverse pour la première fois.
La cause est identifiée et elle est politique. La guerre lancée contre l’Iran en février 2026 a poussé fortement à la hausse les prix de l’essence et du gazole. Un conflit impopulaire qui se traduit à la pompe touche l’électorat là où il est le plus sensible, et il atteint d’abord les automobilistes des États ruraux et périurbains, c’est à dire la base électorale républicaine. Un président élu sur la promesse de maîtriser l’inflation et de mettre fin aux guerres extérieures se trouve ainsi jugé sur les deux promesses à la fois.
Le 30 septembre, Donald Trump a reconnu avoir fait un très mauvais travail d’explication de son bilan économique, tout en affirmant que la situation du pays était meilleure que ne la percevaient les électeurs. La formule désigne un problème de communication là où les sondés désignent un problème de prix.
Deux autres données situent l’ampleur du phénomène. Les 32 % passent sous le plus bas niveau atteint par Joe Biden, mesuré à 35 % en octobre 2024 par le même institut. Et dans les intentions de vote pour le Congrès, les électeurs inscrits placent les démocrates devant les républicains, 43 % contre 35 %, soit le plus large écart enregistré cette année par Reuters et Ipsos.
Ce que le 3 novembre peut changer pour l’Afrique
Un sondage national ne prédit pas un scrutin américain, et il faut le dire clairement. Les élections au Congrès se jouent circonscription par circonscription et État par État, avec des découpages qui amortissent largement les écarts nationaux. Le président n’est par ailleurs pas candidat. Son impopularité pèse néanmoins sur la mobilisation des deux camps, et c’est par ce canal qu’elle produit des effets.
Pour les lecteurs africains, l’enjeu n’est pas abstrait. Trois dossiers suivis par Africa7 dépendent directement de la composition du Congrès.
Le premier est commercial. L’African Growth and Opportunity Act, qui ouvre le marché américain en franchise de droits à des produits africains, relève d’une loi votée par le Congrès, et son renouvellement se décide à Washington, pas à Addis-Abeba.
Le deuxième concerne les expulsions vers des pays tiers, dispositif documenté par l’enquête de Forbidden Stories et dont nous avons rendu compte : 25 447 personnes expulsées vers vingt-huit pays au 31 août, trente-cinq accords conclus, quarante-neuf pays africains sollicités et douze acceptant de recevoir des expulsés. Le contrôle parlementaire de ces accords, leur financement et les auditions qui peuvent les examiner dépendent des majorités des commissions.
Le troisième touche les familles. Les plafonds d’admission de réfugiés, les visas et les régimes de séjour conditionnent la vie de diasporas africaines installées aux États-Unis et les transferts d’argent qu’elles envoient, lesquels dépassent dans plusieurs pays du continent le montant de l’aide publique au développement.
Le 3 novembre décidera du contrôle des deux chambres pour les deux dernières années du mandat. Perdre l’une d’elles compliquerait l’agenda présidentiel, ouvrirait des capacités d’enquête parlementaire et modifierait l’équilibre budgétaire. C’est à cette aune que le continent regardera ce scrutin, davantage qu’au travers d’un chiffre de popularité.
Alioune Ndiaye
Source : sondage Reuters/Ipsos réalisé du 17 au 20 septembre 2026, publié le 21 septembre.
Sources complémentaires : Reuters, Ipsos, NPR/PBS News/Marist, moyennes de sondages publiées fin septembre 2026, Forbidden Stories. Texte : Africa7 Média.



