Diomaye Faye à l’ONU : après Washington et Abu Dhabi, New York et quatre dossiers qui l’attendent
Le président Bassirou Diomaye Faye quitte Dakar pour New York, le 21 septembre 2026.
Quatre jours après son retour d’Abu Dhabi, le président Bassirou Diomaye Faye a quitté Dakar ce lundi 21 septembre pour New York, où s’ouvre la semaine de haut niveau de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies. La Présidence annonce qu’il y portera « la voix du Sénégal ». Derrière la formule, New York réunit cette semaine, au même endroit, la plupart des dossiers que Dakar n’a pas refermés à Washington.
Une semaine, 130 dirigeants
Le chef de l’État s’est envolé depuis l’aéroport militaire de Dakar. La semaine de haut niveau se tient du 22 au 28 septembre, sous le thème « Rétablir la confiance, gérer la transformation : des Nations Unies au service de tous ». Près de 130 chefs d’État et de gouvernement sont attendus pour le débat général. La session est présidée par Khalilur Rahman, du Bangladesh, élu en juin.
La Présidence n’a communiqué ni la date du discours du président à la tribune, ni la composition de sa délégation, ni ses rencontres bilatérales. Elle présente le déplacement comme la suite d’une séquence ouverte la semaine dernière : Washington du 13 au 15 septembre, pour le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et les investisseurs américains ; Abu Dhabi le 16, pour un entretien avec le président émirati Cheikh Mohammed bin Zayed.
Premier dossier : le FMI
La directrice générale du Fonds monétaire international, Kristalina Georgieva, participe cette semaine à New York aux rencontres du Forum économique mondial organisées en marge de l’Assemblée. Elle a reçu le président sénégalais à Washington le 15 septembre. Le programme de 2,2 milliards de dollars conclu au niveau technique le 1er septembre attend toujours le vote du Conseil d’administration du Fonds, suspendu à deux conditions : des mesures correctives dans le dossier des fausses déclarations de données, et des assurances de financement des partenaires du Sénégal. New York est l’endroit où ces partenaires se trouvent cette semaine.
Deuxième dossier : les visas
Depuis le 1er janvier 2026, le Sénégal figure parmi les pays soumis à des restrictions partielles d’entrée aux États-Unis. Depuis le 21 janvier, les Sénégalais doivent verser une caution pouvant atteindre 15 000 dollars pour un visa de court séjour, et les visas d’immigration sont suspendus pour les ressortissants sénégalais. La diaspora et les milieux d’affaires en subissent directement le coût.
Le dossier se croise avec un autre. Selon l’enquête du consortium Forbidden Stories publiée ce lundi, 49 des 54 pays africains ont été sollicités par Washington pour accueillir des expulsés de pays tiers, et des responsables du département d’État rencontrent cette semaine à New York des délégations africaines sur ce sujet, selon le Washington Post.
Troisième dossier : le commerce
L’African Growth and Opportunity Act, seul cadre d’accès préférentiel des produits sénégalais au marché américain, n’a été réactivé en février que jusqu’au 31 décembre 2026. Il reste quatorze semaines avant son expiration. À Washington, le président n’avait rencontré aucun responsable du gouvernement américain, selon son propre dossier de presse. La semaine de l’Assemblée générale, où l’administration américaine est présente en force, offre une autre fenêtre.
Quatrième dossier : Dakar
Le jour même du départ présidentiel, l’Assemblée nationale, présidée depuis mai par Ousmane Sonko, recevait à Dakar une délégation de membres de la Chambre des représentants des États-Unis et du Centre d’études stratégiques de l’Afrique, institution du département américain de la Défense, sur le contrôle parlementaire de la sécurité et de la défense. La relation sénégalo-américaine se joue désormais sur deux scènes : l’exécutif à New York, le législatif à Dakar.
Ce que la tribune ne suffira pas à dire
Lors de ses précédentes Assemblées générales, le président Faye a défendu une Afrique souveraine et plaidé pour la réforme de la gouvernance mondiale. Le discours de cette année sera attendu sur ces thèmes, et sur le financement des économies du Sud. Mais le bilan de la semaine se mesurera ailleurs qu’à la tribune : dans un calendrier d’examen par le FMI, dans un geste sur les visas, dans un signal sur l’AGOA. Trois décisions qui se prennent dans les salons de New York, pas dans l’hémicycle.
Alioune Ndiaye
Sources : Présidence de la République du Sénégal, Agence de presse sénégalaise (APS), Fonds monétaire international, Forum économique mondial, ambassade des États-Unis au Sénégal, Forbidden Stories, Washington Post, Assemblée nationale du Sénégal. Photo : APS. Texte : Africa7 Média.



