CONAKRY : SÉCURISER L’AÉROPORT, OUI. SACRIFIER LES CITOYENS, NON 

ll est temps de penser l’aménagement de Conakry sur plusieurs décennies Par News Afrique La situation qui se déroule actuellement aux abords de l’aéroport international Ahmed-Sékou-Touré de Conakry mérite une véritable réflexion nationale.

ll est temps de penser l’aménagement de Conakry sur plusieurs décennies Par News Afrique La situation qui se déroule actuellement aux abords de l’aéroport international Ahmed-Sékou-Touré de Conakry mérite une véritable réflexion nationale. Depuis le 13 septembre 2026, plusieurs propriétaires et occupants d’immeubles situés dans la zone de Gbessia ont été invités à libérer les lieux. Des opérations de démantèlement, notamment le retrait de toitures de certains bâtiments considérés comme surplombant la plateforme aéroportuaire, ont été engagées sous la surveillance des forces de sécurité. Les autorités évoquent des impératifs liés à la sécurité de l’État. La sécurité d’un aéroport international est évidemment une question majeure.

Mais une autre question doit être posée : comment en sommes-nous arrivés à devoir intervenir dans l’urgence sur des constructions déjà présentes dans une zone densément urbanisée ? Des propriétaires interrogés par la presse disent avoir été pris de court et réclament notamment des mesures d’accompagnement et une indemnisation rapide. Construire aujourd’hui en pensant à demain La Guinée doit désormais tirer les leçons de cette situation. Un aéroport international situé au cœur d’une agglomération en pleine croissance pose nécessairement des questions de sécurité, d’urbanisme, d’extension et de maîtrise foncière. Plus Conakry se développe, plus ces difficultés risquent de devenir importantes.

Pourquoi ne pas engager dès maintenant une réflexion nationale sur la construction, à terme, d’un nouvel aéroport international moderne, implanté dans une zone permettant une expansion maîtrisée ? L’actuel aéroport pourrait ensuite faire l’objet d’une nouvelle affectation, selon les études techniques et stratégiques : activités militaires, aviation gouvernementale, pavillon présidentiel ou autres fonctions institutionnelles. Une telle évolution demanderait naturellement du temps, des investissements considérables et des études sérieuses. Mais elle permettrait surtout d’éviter que l’État soit régulièrement confronté à la même difficulté : construire, urbaniser, puis démolir. Ne pas décourager ceux qui investissent La Guinée a besoin d’investisseurs.

Elle a besoin de citoyens qui construisent des maisons, des immeubles, des commerces et des entreprises. Elle a besoin que la propriété et l’investissement soient entourés d’une visibilité juridique et administrative suffisante. Lorsqu’un citoyen investit toutes ses économies dans un bâtiment et découvre ensuite qu’il doit le modifier ou le démanteler en raison d’une nouvelle exigence publique, la question de l’indemnisation, de la concertation et de la prévisibilité des décisions devient essentielle. L’État doit protéger la sécurité nationale, mais il doit également protéger la confiance du citoyen. La Guinée doit sortir de la logique du « casser pour reconstruire » Depuis des décennies, trop de citoyens ont le sentiment de subir les conséquences de décisions d’aménagement prises sans anticipation suffisante.

Aujourd’hui, la question n’est donc pas seulement de savoir quels immeubles doivent être démantelés autour de l’aéroport. La véritable question est : Quel Conakry voulons-nous transmettre aux générations futures ? Une capitale où l’on intervient au cas par cas lorsque les problèmes deviennent urgents ? Ou une capitale dotée d’un véritable schéma directeur, capable d’anticiper les besoins en logements, en routes, en zones industrielles, en infrastructures publiques et en plateformes aéroportuaires ? Anticiper plutôt que réparer La Guinée possède un immense potentiel.

Elle doit désormais privilégier une politique d’aménagement fondée sur l’anticipation. Sécuriser l’aéroport : oui. Protéger les citoyens : oui. Indemniser justement les personnes affectées : oui. Planifier un nouvel aéroport pour l’avenir : pourquoi pas ?

Mais surtout, il faut éviter de donner aux citoyens le sentiment que leurs investissements peuvent être remis en cause du jour au lendemain. La Guinée ne manque pas seulement de bâtiments et d’infrastructures. Elle a besoin de vision à long terme. Il est temps de construire avec une perspective de 20, 30 ou 50 ans. Parce qu’un pays ne se développe pas seulement en construisant.

Un pays se développe lorsqu’il sait où il veut aller avant de commencer à bâtir.

Source: NEWS AFRIQUE 

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