Sénégal -Budget 2026 : Pastef rejette une deuxième fois la LFR et place le gouvernement sous pression

La Commission des finances de l'Assemblée nationale a de nouveau rejeté le projet de loi de finances rectificative, vendredi 30 octobre. Malgré les explications du gouvernement, la majorité parlementaire maintient ses exigences sur la dette, la transparence budgétaire et l'encadrement des fonds spéciau

La Commission des finances de l’Assemblée nationale a de nouveau rejeté le projet de loi de finances rectificative, vendredi 30 octobre. Malgré les explications du gouvernement, la majorité parlementaire maintient ses exigences sur la dette, la transparence budgétaire et l’encadrement des fonds spéciaux.

Le bras de fer budgétaire se durcit au Sénégal. Vendredi 30 octobre, la Commission des finances et du contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale a rejeté pour la deuxième fois le projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026, présenté par le gouvernement.

Ce nouveau refus intervient après le renvoi du texte en commission, demandé mardi par le ministre de l’Économie et des Finances, Cheikh Diba, sur le fondement de l’article 84 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale.

L’exécutif espérait répondre aux préoccupations exprimées par les députés et parvenir à un compromis. Mais les explications fournies n’ont pas convaincu la majorité parlementaire.

Pastef expose ses désaccords

Dans un communiqué publié après la réunion, le groupe parlementaire Pastef-Les Patriotes juge les réponses gouvernementales insuffisantes. Il reproche notamment à l’exécutif de n’avoir apporté aucune modification au projet initial.

Les députés soulèvent cinq points de désaccord : la sincérité des prévisions relatives au déficit et à la dette, les mesures contre la vie chère, les priorités d’investissement, la transparence des documents budgétaires et la rationalisation des agences publiques ainsi que l’encadrement des fonds spéciaux.

Ils réclament notamment la communication du rapport Forvis Mazars, d’un rapport de l’Inspection générale des finances sur la dette non financière et du rapport d’exécution budgétaire de septembre 2026.

Ces demandes placent la question de l’information parlementaire au centre de la confrontation.

Une majorité qui conteste le budget de son propre gouvernement

Le deuxième rejet révèle une difficulté politique majeure : le gouvernement ne parvient pas à obtenir l’adhésion d’une majorité parlementaire pourtant issue du même camp politique.

Cette situation alimente les interrogations sur les relations entre l’exécutif et les responsables de Pastef, sans permettre à elle seule de conclure à une rupture institutionnelle définitive.

Le groupe parlementaire affirme d’ailleurs rester disponible pour poursuivre le dialogue avec le gouvernement.

Sur le plan budgétaire, l’incertitude concerne désormais les ajustements que l’exécutif entend apporter aux dépenses, aux recettes et aux engagements financiers de l’État.

Le rejet en commission ne signifie pas que la LFR a été définitivement rejetée par l’Assemblée nationale. La suite de la procédure parlementaire demeure déterminante.

Le gouvernement se retrouve face à un choix politique et budgétaire : convaincre sa majorité par des réponses documentées et des arbitrages révisés, ou prolonger un désaccord qui fragilise la lisibilité de sa politique économique.

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