Sénégal : Samba Oumar Fall publie trois romans et reverse ses droits à la lutte contre le cancer
L’écrivain et journaliste sénégalais Samba Oumar Fall annonce trois romans à paraître cette année aux éditions Edisal. Le premier, Le silence de l’impuissance, sort pendant Octobre rose, et l’auteur a décidé de reverser l’intégralité de ses droits d’auteur à la Ligue sénégalaise contre le cancer.
Salimata Fall rentre au Sénégal après vingt ans en France. Elle y apprend qu’elle a un cancer incurable et décide de le taire à ses deux enfants, Raby, avocate à Paris, et Doudou, installé à Montréal. Le roman tient à une trouvaille : le Cancer devient un personnage, que Salimata est seule à voir, qui s’assoit en face d’elle et converse avec elle de la vie, de la mort et du temps qui reste. L’auteur dédie le livre « à toutes les femmes qui traversent ou ont traversé cette épreuve » et dit vouloir que chaque exemplaire vendu devienne un geste de solidarité.
Un personnage nommé « sans espoir »
Le deuxième roman, 100 espoirs, quitte le réalisme. Tous les 333 ans, un navire nommé l’Éclair surgit des ténèbres. Deux mille vingt combattants s’affrontent sur une plage pour cent places, et un cavalier masqué leur annonce que trente-trois seulement atteindront l’autre rive. À la barre, le Nocher, passeur immortel au cœur de pierre, conduit le bateau à travers un labyrinthe de dix-huit portes, une cité où l’on meurt pour un regard de trop et le royaume des ombres.
Parmi les élus figurent Aljana, karatéka rongée par la vengeance, Rahma, enceinte et fuyant l’infamie, Dieuwrigne, aveugle de naissance, et AmulYaakar, dont le prénom wolof signifie « sans espoir ». Le dispositif est transparent, et c’est son intérêt. Un passeur immortel, des places comptées, un décompte des survivants annoncé d’avance : la traversée de l’Atlantique n’est jamais nommée, elle est partout.
De Bergame aux geôles de Benghazi
Le troisième roman parlera directement aux Sénégalais d’Italie. Makhou Sarr, 52 ans, est arrivé en Italie en avril 2000 et a vécu neuf ans sans papiers avant d’être régularisé. Il a fondé une famille avec Léna, puis est rentré au Sénégal monter son entreprise. Quand un virus frappe le nord de l’Italie, il quitte le pays en urgence et passe vingt-huit jours en quarantaine à l’hôpital. Un vieil imam mourant, Élimane Sarr, lui y laisse une phrase dont il ne se débarrassera plus, et qui donne son titre au livre.
À sa sortie, les marchés sont vides, la faim pousse les familles à la révolte, et Léna, restée à Bergame, ne répond plus. Une vidéo finit par apparaître : elle a été enlevée en Libye. Makhou part la chercher jusqu’aux prisons de Benghazi. Le choix de Bergame n’est pas anodin pour qui a vécu ces semaines en Lombardie, la ville ayant été l’épicentre de l’épidémie italienne au printemps 2020.
Le titre n’attaque pas la foi, précise le dossier de presse. Il porte un message, que Dieu est universel et qu’aucune nation n’a le monopole de Dieu, du malheur ni de la souffrance.
Les dates de parution, les prix et la pagination des trois ouvrages n’ont pas été communiqués.
Alioune NDIAYE



