FRANCE: La fronde des lycéens gagne les universités, le gouvernement sous pression
La contestation partie des lycées français change de dimension. Jeudi 1er octobre, le mouvement s’est étendu à l’ensemble du pays tandis que plusieurs campus universitaires ont rejoint la mobilisation. Plus de 1 000 lycées ont été concernés par différentes formes d’action, sur fond de revendications portant sur les moyens de l’Éducation nationale et les conditions d’apprentissage.
Le mouvement avait débuté une dizaine de jours auparavant au lycée Saint-Exupéry de Créteil, où plusieurs postes d’enseignants restaient vacants. Il s’est ensuite propagé en région parisienne avant de gagner de nombreuses villes françaises.
Les lycéens mobilisés réclament notamment le remplacement des professeurs absents, davantage de moyens humains et financiers, la rénovation de bâtiments dégradés, une réduction des classes surchargées et dénoncent la pression liée à Parcoursup.
Les étudiants entrent dans le mouvement
La mobilisation a franchi un nouveau seuil avec l’arrivée d’étudiants. Plusieurs dizaines de sites universitaires ont été touchés jeudi, notamment à Paris, Strasbourg, Marseille, Lyon, Reims, Poitiers et Nanterre. Les revendications étudiantes portent également sur la précarité, les capacités d’accueil dans l’enseignement supérieur et les conditions d’études.
Cette extension intervient alors que la situation s’est fortement tendue autour de certains lycées. Des affrontements avec les forces de l’ordre et des dégradations ont été signalés dans plusieurs villes. Le gouvernement distingue les revendications exprimées par les élèves des violences commises en marge de certaines mobilisations.
Face à l’ampleur du mouvement, une cellule interministérielle de crise a été réunie jeudi. Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé des rencontres avec les organisations syndicales, les associations de parents d’élèves et les représentants lycéens.
Une première mesure retirée
Le gouvernement a parallèlement annoncé le retrait d’une disposition budgétaire prévoyant l’instauration de frais d’inscription pour les étudiants non boursiers en BTS et en classes préparatoires aux grandes écoles.
La contestation entre ainsi dans une phase plus large. Partie de difficultés concrètes rencontrées dans certains lycées, elle agrège désormais des revendications lycéennes et universitaires, tandis que l’exécutif tente simultanément d’ouvrir le dialogue et de contenir les violences observées autour de certains établissements.



