Côte d’Ivoire : première coulée d’or à Koné, neuf mois avant la date prévue
La Côte d'Ivoire compte une neuvième mine d'or en activité. Le samedi 26 septembre, le groupe canadien Montage Gold a réalisé la première coulée de son projet Koné, dans le district du Woroba, au nord-ouest du pays. Environ 1 140 onces, soit un peu plus de trente-cinq kilogrammes, ont été produites.
La Côte d’Ivoire compte une neuvième mine d’or en activité. Le samedi 26 septembre, le groupe canadien Montage Gold a réalisé la première coulée de son projet Koné, dans le district du Woroba, au nord-ouest du pays. Environ 1 140 onces, soit un peu plus de trente-cinq kilogrammes, ont été produites. Le calendrier initial visait le deuxième trimestre 2027.
L’entreprise, cotée à Toronto sous le code MAU, a diffusé son communiqué depuis Abidjan le 27 septembre. La construction avait commencé en décembre 2024, ce qui ramène le délai entre le premier coup de pioche et la première coulée à environ vingt et un mois, dans le budget annoncé.
L’avance s’explique par une décision technique prise en cours de chantier. Un circuit de traitement des minerais oxydés a été ajouté au projet et achevé avant le reste de l’usine. Les minerais oxydés, altérés par l’eau et l’air près de la surface, sont plus tendres et se traitent avec des installations plus légères que la roche dure. Le minerai y a été introduit pour la première fois le 8 septembre, et plus de 400 000 tonnes y sont passées depuis.
Il faut être précis sur ce que cette coulée démontre. Elle établit que le circuit fonctionne et que de l’or sort de l’usine. Elle n’établit ni la production commerciale ni un rythme soutenu. Montage Gold attend la montée en puissance complète du circuit oxydé au quatrième trimestre 2026, tandis que le circuit de broyage des roches dures, encore en construction, est annoncé pour le deuxième trimestre 2027. C’est lui qui traitera l’essentiel du gisement.
Ce que le gisement contient, et ce qu’il en reste à prouver
L’étude de faisabilité actualisée publiée en 2024 fixe une durée d’exploitation de seize ans et une production supérieure à 300 000 onces par an pendant les huit premières années. Les réserves probables y sont établies à 4,01 millions d’onces à une teneur de 0,72 gramme par tonne, réparties entre 3,52 millions d’onces à 0,67 gramme pour le gisement de Koné et 0,49 million d’onces à 1,43 gramme pour celui de Gbongogo Main.
Ces teneurs méritent d’être comprises pour ce qu’elles sont. À 0,67 gramme par tonne, il faut traiter environ une tonne et demie de roche pour obtenir un gramme d’or. Une telle exploitation n’est rentable qu’à très grande échelle, avec des volumes considérables, un coût par tonne maîtrisé et un cours de l’or favorable. C’est le modèle des mines à ciel ouvert à faible teneur, et il est structurellement sensible aux variations de prix et d’énergie.
Depuis cette étude, les chiffres ont évolué à la hausse. Les ressources mesurées et indiquées ont progressé de 1,42 million d’onces pour atteindre 6,29 millions, avec une teneur en hausse de 27 % à 0,80 gramme par tonne. La campagne de forage de 2026 porte sur 130 000 mètres, ce qui portera à environ 380 000 mètres le total foré depuis l’étude de faisabilité. L’objectif est d’ajouter des gisements satellites à plus forte teneur, capables de relever la moyenne alimentée à l’usine. L’exploitation de Gbongogo Main est annoncée pour la fin de 2026.
Trois mille six cents emplois, et ce qu’il en restera
Le chantier a représenté plus de 14,1 millions d’heures travaillées et environ 3 600 emplois directs, dont plus de 95 % occupés par des Ivoiriens, à l’issue de programmes de formation engagés avant le début de la construction. L’entreprise annonce environ 1 500 postes permanents une fois l’exploitation en régime.
L’écart entre ces deux chiffres est la réalité de tout projet minier, et il vaut mieux l’énoncer que le laisser découvrir. Bâtir une mine mobilise des maçons, des soudeurs, des chauffeurs et des manœuvres par milliers pendant deux ans. L’exploiter demande moins de bras et d’autres compétences. Deux mille personnes environ ne seront pas reprises, et la manière dont cette transition est accompagnée, par la formation de ceux qui restent et la reconversion des autres, détermine ce que la région conservera une fois les grues parties. Montage Gold indique avoir mis en place des formations aux métiers techniques et à la conduite d’engins.
Ces données sont communiquées par l’entreprise et portent sur les emplois directs. Les effets sur les sous-traitants, les fournisseurs et le commerce local demandent des données économiques consolidées, que seules les autorités ivoiriennes peuvent produire. Pour les communautés riveraines, les attentes portent sur les infrastructures, l’accès aux emplois et les mécanismes de partage des revenus miniers, dont la mise en œuvre relève des engagements contractuels et des obligations réglementaires.
Le groupe ne s’arrête pas à Koné. Son directeur général, Martino De Ciccio, désigne le projet Didievi, également en Côte d’Ivoire, comme son prochain actif de développement. Il travaille par ailleurs sur la propriété de Wendé et détient un portefeuille de permis d’exploration en Mauritanie, où plusieurs sociétés se positionnent depuis deux ans sur la ceinture des Mauritanides.
Pour la Côte d’Ivoire, une neuvième mine en activité consolide une industrie aurifère qui s’est construite en une quinzaine d’années. Ce que le pays en retirera dépendra des volumes réellement extraits, des coûts d’exploitation, du cours de l’or et du régime fiscal appliqué. La première coulée est un fait industriel vérifiable. Les recettes publiques, elles, se mesureront dans les comptes de l’État, à partir du quatrième trimestre.



