REVUE DE PRESSE : DAKAR SUBMERGÉE, LA DETTE SOUS PRESSION, LE SÉNÉGAL JOUE GROS ENTRE WASHINGTON ET SES URGENCES INTÉRIEURES
Il aura suffi de fortes pluies pour que Dakar retrouve ses vieux démons. Sud Quotidien ouvre ce mercredi 16 septembre sur une capitale « noyée » : rafales de vent, précipitations soutenues, axes routiers paralysés, habitations envahies et circulation fortement perturbée. Tribune pousse le constat jusqu’au réseau du Bus Rapid Transit, touché entre le Centenaire et la Grande Mosquée. Yoor-Yoor Bi, plus accusateur, parle de « faillite des politiques d’assainissement » et pointe « l’attentisme » de l’État. De Yoff à la Médina, de Scat Urbam aux Parcelles Assainies, les images ramènent une question ancienne : pourquoi certaines zones de la capitale restent-elles aussi vulnérables lorsque l’hivernage frappe fort ?
Pendant que Dakar écope, une partie de l’avenir financier du pays se discute à Washington. Les Échos parlent de « moisson » après les rencontres du président Bassirou Diomaye Faye, notamment avec la directrice générale du Fonds monétaire international. WalfQuotidien choisit une expression autrement plus tendue : « course contre la montre ». L’AS met, pour sa part, l’accent sur la Banque mondiale et la restructuration de la dette. Derrière les différences de manchettes se dessine le même enjeu : rétablir une relation financière suffisamment solide avec les partenaires internationaux pour ouvrir la voie à de nouveaux financements, tout en préservant les priorités économiques et sociales du Sénégal.
Mais à Dakar, un autre dossier secoue la gouvernance publique. Le Quotidien annonce Fadilou Keïta « hors de caisse », après son départ de la direction générale de la Caisse des dépôts et consignations. Source A, retient ses « dernières piques » et rapporte ses mots de départ, lorsqu’il affirme quitter ses fonctions « sans aucun regret » et rester du côté des « hommes d’honneur et de conviction ».
Pendant ce temps, Le Soleil regarde vers l’Atlantique. Le quotidien national annonce la relance de l’exploration offshore après la signature d’un protocole entre le Sénégal et le groupe italien ENI pour l’évaluation du potentiel pétrolier et gazier de cinq blocs. Une séquence énergétique importante pour un pays désormais producteur d’hydrocarbures, mais toujours engagé dans la recherche de nouvelles ressources.
Tribune ramène ensuite le débat dans l’hémicycle, où la question des fonds politiques et des dépenses spéciales revient devant l’Assemblée nationale. Mais Libération impose soudain un silence autrement plus lourd : à Saré Coly Sallé, dans le département de Vélingara, Fatoumata Baldé aurait été mortellement battue par son époux. Le mis en cause doit être présenté à la justice, selon le journal.
Enfin, le sport perd l’un de ses repères. Record mesure « un grand vide à combler » après la retraite internationale d’Édouard Mendy. Le gardien explique vouloir laisser s’installer une nouvelle génération, au moment où Patrick Vieira ouvre un nouveau cycle à la tête de la sélection.
Voilà donc le Sénégal de ce mercredi : Dakar lutte contre les eaux pendant que Washington ausculte la dette, l’État remanie ses dirigeants, le pétrole cherche de nouveaux horizons et la société compte encore ses drames. Des rues inondées aux bureaux du Fonds monétaire international, une même exigence traverse finalement les unes : celle d’un État capable de répondre à l’urgence sans perdre de vue l’avenir.
Car lorsqu’au Sénégal les eaux montent, que les comptes se resserrent et que les passions politiques s’échauffent, une digue ne doit jamais céder : celle de la République. Que la confrontation des idées demeure républicaine, que les responsabilités s’exercent dans la sérénité et que la paix, la cohésion nationale et la stabilité des institutions restent au-dessus de toutes les batailles.
Alioune NDIAYE ( réalisée grâce à Mamadou Ly; ( Ma revue de press)



