Équipe de France : Zidane dévoile sa première liste et ouvre une nouvelle ère sans démolir l’héritage Deschamps
Équipe de France : Zidane dévoile sa première liste et ouvre une nouvelle ère sans démolir l’héritage Deschamps
Zinédine Zidane a posé ce vendredi 18 septembre le premier acte véritable de son mandat à la tête de l’équipe de France. Pour ses quatre premiers matches de Ligue des nations, le successeur de Didier Deschamps a choisi une transition maîtrisée : Kylian Mbappé, Ousmane Dembélé, Michael Olise et plusieurs cadres du dernier cycle restent au centre du projet, tandis que de nouveaux visages, dont Estéban Lepaul, Lucas Da Cunha et Jérémy Jacquet, entrent dans le groupe. Plus qu’une simple liste, cette première sélection commence à révéler la méthode Zidane : préserver la puissance d’une génération déjà installée tout en rouvrant la concurrence avant les qualifications pour l’Euro 2028.
Il aura attendu près de deux mois après sa nomination pour effectuer son premier véritable choix de sélectionneur.
Nommé officiellement le 28 juillet pour succéder à Didier Deschamps, Zinédine Zidane avait jusqu’ici surtout installé son environnement de travail, constitué son staff et exposé quelques principes généraux.
Ce vendredi, les intentions ont commencé à devenir des décisions.
Vingt-trois joueurs ont été retenus pour un rassemblement particulièrement dense : déplacement en Turquie le 25 septembre, match en Belgique trois jours plus tard, réception de l’Italie le 2 octobre puis nouvelle confrontation avec la Belgique le 5 octobre au Stade de France.
Quatre rencontres en onze jours.
Pour un nouveau sélectionneur, cette configuration constitue presque un laboratoire grandeur nature.
Mbappé, Dembélé, Olise : Zidane conserve le socle offensif
La première indication est celle de la continuité.
Zidane n’a pas entrepris de reconstruire l’équipe de France à partir de zéro.
Kylian Mbappé reste évidemment l’une des figures centrales du groupe. Ousmane Dembélé et Michael Olise sont également présents, tout comme Bradley Barcola, Désiré Doué et Rayan Cherki.
Cette densité offensive constitue l’un des principaux héritages laissés par le cycle précédent.
Lors de sa présentation en juillet, Zidane avait d’ailleurs prévenu qu’il ne cherchait pas une rupture artificielle avec Didier Deschamps.
Son prédécesseur avait dirigé les Bleus pendant quatorze ans et conduit la France au titre mondial en 2018, à une nouvelle finale mondiale en 2022 ainsi qu’à plusieurs autres grands rendez-vous internationaux.
Zidane hérite donc d’une sélection installée parmi les grandes puissances mondiales et d’un effectif dont une grande partie demeure compétitive.
Son défi n’est pas de reconstruire après un effondrement.
Il consiste à faire évoluer une équipe déjà performante.
Lepaul, Da Cunha, Jacquet : les premières portes s’ouvrent
C’est dans l’introduction de nouveaux joueurs que la première liste devient véritablement intéressante.
Estéban Lepaul, Lucas Da Cunha et Jérémy Jacquet figurent parmi les nouveaux appelés.
Leur présence montre que Zidane entend rapidement élargir son observation au-delà du cercle installé sous Deschamps.
Jérémy Jacquet faisait déjà partie des noms surveillés avant l’annonce. Le défenseur de Liverpool avait été intégré à une présélection élargie après son début de saison remarqué.
Estéban Lepaul apporte un profil différent dans le secteur offensif, tandis que Lucas Da Cunha bénéficie lui aussi de cette première ouverture du nouveau sélectionneur.
Ces convocations ne signifient pas encore qu’une nouvelle hiérarchie est définitivement installée.
Elles indiquent en revanche que les performances en club peuvent rapidement ouvrir la porte de Clairefontaine.
Et c’est probablement l’un des messages les plus importants de cette première liste.
La Ligue des nations devient un laboratoire avant l’Euro
Zidane dispose d’une circonstance favorable : ses débuts ne correspondent pas immédiatement à une phase éliminatoire décisive.
La Ligue des nations lui offre un espace pour tester des joueurs, modifier certaines associations et commencer à installer ses principes avant le prochain grand objectif qualificatif.
L’AFP rapportait d’ailleurs, avant l’annonce, la volonté de profiter de ce rassemblement exceptionnellement long pour « régénérer » et « aérer » le groupe.
Le calendrier va lui en donner la possibilité.
Pendant environ deux semaines, le nouveau sélectionneur disposera de ses joueurs presque comme lors d’une phase finale de grande compétition.
Pour un entraîneur qui n’avait plus dirigé depuis son départ du Real Madrid en 2021, cette période sera particulièrement importante.
La sélection diffère profondément du travail quotidien en club.
Les séances sont moins nombreuses, les automatismes doivent être construits rapidement et chaque rassemblement doit produire des résultats tout en préparant le suivant.
La première vraie interrogation sera tactique
La liste fournit des noms.
Le terrain devra maintenant révéler l’équipe.
Zidane a déjà donné quelques indications sur sa philosophie. Lors de son intronisation, l’ancien numéro dix avait insisté sur son goût pour le jeu et sa volonté d’aller chercher les buts, tout en revendiquant sa propre identité : après Deschamps et Laurent Blanc, il entend construire sa méthode sans renier ce qui fonctionne déjà.
Cette déclaration devient particulièrement intéressante lorsqu’on observe les qualités offensives dont il dispose.
Mbappé, Dembélé, Olise, Barcola, Doué et Cherki offrent vitesse, percussion, créativité et capacité à évoluer dans plusieurs positions.
L’enjeu sera de les associer sans déséquilibrer l’équipe.
Car l’abondance de talents offensifs ne constitue pas automatiquement un système de jeu.
Zidane devra définir qui organise, qui attaque la profondeur, comment s’effectue le pressing, quelle place est laissée aux latéraux et surtout comment l’équipe se protège lorsqu’elle perd le ballon.
C’est sur ces choix que sa différence avec Deschamps deviendra réellement observable.
Une succession particulièrement lourde
La dimension symbolique de l’arrivée de Zidane ne doit pas masquer la difficulté de sa mission.
Il succède à l’un des sélectionneurs les plus importants de l’histoire du football français.
Didier Deschamps a dirigé les Bleus pendant quatorze années. Une génération entière de joueurs n’a pratiquement connu que lui en équipe nationale.
Changer de sélectionneur après une période aussi longue signifie changer des habitudes, des relations et progressivement une culture de groupe.
Zidane possède néanmoins un statut particulier.
Champion du monde 1998, champion d’Europe 2000, Ballon d’Or et ancien capitaine des Bleus, il appartient déjà à l’histoire de cette sélection.
Son expérience d’entraîneur au Real Madrid, avec notamment trois Ligues des champions remportées consécutivement, lui apporte une légitimité sportive supplémentaire.
Mais aucune de ces références ne garantit le succès avec une sélection nationale.
Le Zidane joueur appartient à l’histoire.
Le Zidane sélectionneur commence seulement à être jugé.
Turquie, Belgique, Italie : les choix seront immédiatement testés
Il n’aura d’ailleurs pas besoin d’attendre longtemps.
Le premier rendez-vous aura lieu le 25 septembre en Turquie.
Trois jours plus tard, la France affrontera la Belgique à l’extérieur. Puis viendra, le 2 octobre au Stade de France, un France-Italie chargé de symboles pour un sélectionneur dont les racines familiales et l’histoire personnelle ont toujours accompagné la trajectoire.
La Belgique reviendra enfin à Saint-Denis le 5 octobre.
Ces quatre rencontres permettront déjà d’observer si Zidane utilise immédiatement ses nouveaux joueurs ou s’il préfère d’abord s’appuyer sur les cadres avant d’élargir progressivement son équipe.
Elles permettront surtout de distinguer ce qui relève de la continuité et ce qui constitue réellement sa signature.
Car une première liste peut envoyer des messages.
Seuls les premiers matches permettront de découvrir le projet.
Le 18 septembre 2026 restera donc comme la date de la première sélection de Zinédine Zidane à la tête des Bleus. Mais le véritable passage de témoin avec l’ère Deschamps commencera une semaine plus tard, lorsque l’équipe entrera sur le terrain.
Zidane a désormais ses joueurs.
Il lui reste à construire son équipe.



